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William Augustus WELLMAN,
un réalisateur avec des ailes

(1896-1975)



 
Le nom de William Wellman est associé au film d’aviation comme celui de John Ford au western. Seul réalisateur à avoir une expérience de pilote de chasse pendant la Première Guerre mondiale, pilote privé par la suite, il était normal qu’on lui confie des films ayant pour sujet les avions ou les aviateurs, qui constituent un genre à part, comme les films de bateaux, de voitures ou de train. Ainsi, Wellman dirigea onze films d’aviation sur un total d’environ quatre-vingt trois films. Sur ces onze films, quatre ont pour sujet la Première Guerre mondiale, deux l’épopée de l’aviation, deux sont des films patriotiques tournés pendant la guerre, trois mettent en scène des pilotes face à l’adversité tant dans leur vie professionnelle que privée.

WILLIAMWELLMAN_WEB.jpgWellman était un metteur en scène atypique à Hollywood, dans un milieu qui comptait déjà de nombreuses personnalités hors normes. Gros buveur, fort en gueule, Wellman était un macho, un dur, qui se fit beaucoup d’ennemis. Au collège, on l’appelait «wild Bill» (Bill, la tête brûlée), surnom qui le suivit à Hollywood. Il eut une vie privée chaotique ; il se maria quatre fois, sa dernière épouse Dorothy Coonan, une actrice dont il eut sept enfants, réussissant à le stabiliser enfin.

William Augustus Wellman est né le 29 février 1896 à Brookline, Massachusetts. Son père était agent de change et sa mère s’occupait de jeunes délinquants en probation. Malgré cette origine bourgeoise, Wellman se révèle être un enfant à problèmes qui se fait mettre à la porte de l’école à dix sept ans. Après avoir exercé plusieurs petits boulots, il se distingue comme joueur professionnel dans une équipe de hockey sur glace. Lors d’un match, il se fait remarquer par un jeune acteur, Douglas Fairbanks qui lui conseille d’envisager le métier d’acteur, mais Wellman veut être pilote. Nous sommes en 1917, et le millionnaire William K. Vanderbilt recrute des volontaires pour former une escadrille destinée à aider la France en guerre. N’ayant pas d’argent pour passer son brevet, il s’engage dans le Norton-Harjes Ambulance Service grâce à l’intervention d’un oncle, et se retrouve dans la Légion Etrangère, en France où il apprend à piloter, d’abord à Avord, puis à Pau. Il reçoit son Brevet d’aviateur militaire le 29 septembre 1917. Envoyé au Groupe des Divisions d’Entraînement du Plessis-Belleville, il est affecté le 3 décembre à la N 87 stationnée à Lunéville, où un compatriote, Tom Hitchcock, finit par le rejoindre. Wellman appelle cette escadrille, l’escadrille «du chat noir» ; en fait l’insigne de l’escadrille est le «chat qui fait le gros dos» et ce chat est le plus souvent blanc. En quatre mois d’opérations Wellman descend un Rumpler et un Fokker, mais il est abattu par la DCA. Il s’en sort vivant, mais blessé au dos, il est réformé. Le sergent Wellman reçoit la Croix de Guerre avec palmes «pour son enthousiasme et son courage».


De retour aux USA, il s’engage dans l’Air Service où comme lieutenant, il devient instructeur à Rockwell Field, San Diego, Californie. Il a pour élèves pilotes Ira C. Eaker et Carl A. Spaatz, deux futurs généraux de l’USAAF. Pendant les week-ends, Wellman va retrouver son ami Fairbanks et atterrit sur son terrain de polo. Fairbanks est décidé à l’aider à faire carrière dans le cinéma. Il lui trouve un rôle dans «The Knickerbocker Buckaroo» (1919) et Evangeline (1919), mais Wellman n’a aucun goût pour ce métier. Il veut être réalisateur, métier plus lucratif à l’époque. Fairbanks le fait alors entrer aux Goldwyn Pictures comme coursier, en 1920. Il gravit rapidement tous les échelons du métier, jusqu’à diriger ses premiers films, des westerns de série B. Après une dizaine de films, la Paramount lui confie la direction de
«Wings» (1927), eu égard à sa qualité de pilote pendant la Grande guerre. Le tournage de ce film à gros budget réalisé avec l’aide de l’Armée qui fournit la majeure partie des 3500 soldats, des 65 pilotes et des 165 avions mis en scène, prit un an. Le scénariste, John «Monk» Saunders, était également un ancien pilote de guerre. Côté acteurs, il y avait Clara Bow, la Marilyn Monroe de l’époque, Charles «Buddy» Rodgers, Richard Arlen et un jeune débutant, Gary Cooper, avec un tout petit rôle. Quand le film sortit, il remporta un énorme succès et reçut même le premier Oscar de l’histoire du cinéma. Ce fut également le premier vrai film d’aviation ; en effet, bien que l’avion soit apparu en même temps que le cinéma, les scenarii le traitaient jusqu’ici comme un accessoire. Wellman poursuivit ce qui devait devenir un véritable cycle. En 1928, il tourne avec Gary Cooper (cette fois-ci en vedette) et Fay Wray (qui sera quatre ans plus tard, la «copine» de King Kong), «The legion of the condemned» (1928), toujours d’après un scénario de John «Monk» Saunders, avec des scènes aériennes non utilisées de "Wings". Ce film est malheureusement perdu. Ces deux dernières oeuvres sont à l’origine des films d’aviation de la Grande guerre, qui comprennent des films célèbres comme «Hell's angels»(1930) de H. Hughes,«Dawn patrol» (1930) de H. Hawks. La même année, Wellman sort «Young eagles» de la même veine, basé sur une histoire de Elliott Springs, un as de la guerre.

 

WELLMAN.jpg
William Wellman pendant le tournage de "Young eagles". © Paramount Pictures


Wellman fit également des films de gangsters comme «The Public Enemy» (1931), qui lança James Cagney et imposa Wellman comme un grand réalisateur, des mélodrames comme «A Star Is Born» (1937) qui gagna un Oscar. En 1933, il tourne un autre film d‘aviation «Central airport» où un jeune acteur, John Wayne, fait une très courte apparition. Cinq ans plus tard, Wellman dirige «Men with wings» qui retrace le développement de l’aviation américaine depuis les frères Wright jusqu’à l’apparition des avions les plus avancés de l’époque (1938). Pour diriger la quinzaine d’avions du film, Wellman fait appel à Paul Mantz, un pilote cascadeur qui commence à s’imposer à Hollywood.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il tourne un de ses films les plus poignants «Ox-Bow Incident» (1943), sur le thème du lynchage. Sur fond de guerre, paraît en 1942, «Thunder birds», un film sur la formation des pilotes de l’Armée dans les bases de Thunderbirds et Falcon, dans l’Arizona, puis viendra en 1945 «
This man’s Navy» qui traite d’un aspect peu connu de la guerre aérienne : les «blimps» ou dirigeables patrouilleurs de la Marine. Après la guerre, il réalise un film sur le pionnier américain de l’aviation John Montgomery «Gallant journey» (1946) dont il a écrit le scénario. En 1953 et 1954, il sort coup sur coup deux autres films d’aviation : «Island in the sky» et «The high and the mighty»
du même scénariste Ernie Gann, avec le même John Wayne. Ce dernier film lui valut un autre Oscar. Ayant pour thème un équipage de DC-6 confronté à un problème moteur entre Honolulu et San Francisco, ce film est l’ancêtre des films catastrophes.

Enfin, en 1958, il écrit le scénario de «C’est la guerre» qui revient sur son expérience de pilote en France, en tant que membre du Lafayette Flying Corps, expérience dont il était très fier. Son fils, William Junior, déjà apparu dans «Gallant journey» et «This man’s Navy», y joue son propre rôle. Mais Wellman entre en conflit avec Jack Warner qui transforme son film à la mémoire des pilotes américains morts au combat en une romance appelée «
Lafayette escadrille», à laquelle d’ailleurs Wellman n’appartint pas. Il part au milieu du tournage en claquant la porte, pour ne plus revenir. Ainsi, prit fin sa carrière cinématographique.

William Wellman mourut de leucémie le 9 décembre 1975. Il avait demandé à être incinéré et à ce que ses cendres soient dispersées d’un avion (bien sûr), «très haut au-dessus du smog -suffisament haut pour se mêler à un beau nuage- pas un de ceux qui apportent la tempête, un qui apporte la paix, la félicité et la beauté».


Christian Santoir WELLMAN_BOOK2.jpg


Bibliographie :

-WELLMAN W. A. [1918] «Go, get’em». The Page co., Boston, 284 p. (photo © Christian Santoir)
-WELLMAN W. A. [1974], «A short time for insanity. An autobiography». Hawthorn Books Inc., New York, 276 p

Creation date : 21/09/2006 : 00:17
Last update : 30/06/2013 : 18:33
Category : - Biographies
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