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ECRIT DANS LE CIEL
Vo.The high and the mighty





Année : 1954
Pays : USA
Durée ; 2 h 27 min.
Genre : Drame
Noir et blanc

Réalisateur : William A. WELLMAN
Scénario et histoire : Ernest K. GANN, d’après son roman « The High and the Mighty «

Acteurs principaux :
John WAYNE (Dan Roman), Claire TREVOR (May Holst), Laraine DAY (Lydia Rice), Robert STACK (John Sullivan), Jan STERLING (Sally McKee), Phil HARRIS (Ed Joseph), Robert NEWTON (Gustave Pardee), David BRIAN (Ken Childs), Paul KELLY (Donald Flaherty), Sidney BLACKMER (Humphrey Agnew), Julie BISHOP (Lillian Pardee), Michael WELLMAN (Toby Field), Larry BROWN (Lenny Wilby).

Musique : Dimitri TIOMKIN
Photo : Archie STOUT
Producteur : Robert FELLOWS, John WAYNE
Compagnie distributrice : Warner Bros.

Avions :
-Douglas C-54A-15-DC Skymaster c/n 10538, s/n 42-72433, N4665V
-Douglas C-54 A-10-DC Skymaster c/n 10315, s/n 42-72210, N4726V
-Boeing PB-1G Dumbo c/n 8746, ex s/n  44-85837, BuNo.82855  (images d'achives)
-Sikorsky H-19  (en arrière plan)
-Martin Mariner PBM-5A (images d'achives)
-Curtiss C-46D Commando, dont le s/n 44-78044 (en arrière plan)


Notre avis :

Avant la guerre, dans « Without order » (1936) de Lew Landers, on voyait un pilote et son copilote avoir un avis différent sur la conduite à tenir après une panne de moteur, le premier voulant atterrir en pleine montagne, le second préférant se dérouter vers un aéroport. On retrouve la même scène dans "Ecrit dans le ciel". Quant au liner qui perd un moteur au dessus de l'océan, on avait déjà vécu cette situation dans le film français "Aux yeux du souvenir" (1948). Donc, rien de bien neuf dans les nuages. Ce film précède de vingt ans "Airport" (1970) et ses nombreuses suites. Il inspira également la parodie "Y'a t'il un pilote dans l'avion ? " (1980). "Ecrit dans le ciel" avait été précédé, un an avant, par un autre film catastrophe, "Aventures dans le grand Nord" (1953), produit également par John Wayne. Les deux films partageaient la même équipe de tournage (producteurs, réalisateur, scénariste, photographe, monteur) et, en plus de Wayne, six autres second rôles. Il sont également tous deux basés sur une histoire originale d'Ernest K. Gann, un pilote de ligne qui écrivit plusieurs romans issus de son expérience.

Le film d’aviation, genre catastrophe, qui met en scène non seulement l’équipage, mais aussi et surtout, les passagers, fut une recette qui fonctionna bien à l’époque et continua à fonctionner de très nombreuses fois depuis. Comment faire un film d’aviation catastrophe ? Vous prenez un groupe disparate de passagers, de préférence abonnés chez un psychothérapeute, voire un psychiatre, vous y ajoutez un équipage au passé trouble, une jolie hôtesse. Pour relever le mélange, vous pouvez pimenter avec un policier, un sportif connu, un acteur, un ecclésiastique, ou un enfant voyageant seul, de préférence, malade. Fermez l’avion, pressurisé ou non ; secouez fort (par turbulence, choc aérien ou explosion) et laisser mijoter pendant plus d’une heure, afin que les personnalités s’affrontent et les vrais caractères se révèlent. Quant l’agitation à bord a atteint son paroxysme, laissez reposer. Puis, ouvrez, afin que tout le monde se congratule, sur fond de sirènes, et retrouve un état normal.

L'histoire commence à Honolulu, où dix sept passagers et cinq membres d’équipage embarquent à bord d’un DC-4 de la Trans Orient Pacific (TOPAC), sur le "vol 420" à destination de San Francisco, qui sera atteint en une douzaine d'heures. Les passagers comprennent un couple de touristes, un autre de jeunes mariés, un autre au bord du divorce, un couple de personnalités du spectacle, un scientifique préoccupé par ses recherches sur les missiles nucléaires, un riche célibataire, un mari jaloux qui le poursuit pour l’abattre, une riche héritière, une demi mondaine, un ex-prix de beauté, inquiète de son image, un garçon turbulent (le fils de Wellman), un marin pêcheur et une réfugiée coréenne. Pour s’occuper de ce petit monde, Miss Spaulding, une belle et calme hôtesse, dispensant un service personnalisé qui fait rêver aujourd’hui ! Dans le cockpit on trouve un copilote, Dan Roman, qui a perdu sa femme et son enfant dans le crash d’un avion qu’il pilotait, et un commandant de bord, John Sullivan, un homme calme, peu causant, mais aux nerfs usés.

Peu après le décollage d’Honolulu, pour un voyage de 3800 km au-dessus du Pacifique, un léger tremblement alerte les pilotes et l’hôtesse. Puis, le commandant de bord sent que le moteur n°1, ou n°3, est en train de se désynchroniser. Juste après avoir dépassé le point de non retour, à une altitude de trois mille mètres, le moteur extérieur gauche prend feu et son hélice se détache. L’incendie est maîtrisé, mais l’avion perd mille trois cent mètres avant que l’équipage arrive à le stabiliser. Plus grave, le réservoir de l’aile gauche perd du carburant. Il y en aura t-il assez pour rejoindre San Francisco, ou l’avion devra-t-il se poser en pleine mer, la nuit, alors qu’une tempête fait rage ? Chacun des passagers et des membres de l’équipage va réagir différemment face au stress de la situation. Tous revoient leur vie passée. Dans ce huit clôs aérien, les intrigues et les conflits s’exacerbent, le mari jaloux allant jusqu’à menacer d’un pistolet l’homme qu’il suspecte, à tort, d’être l’amant de sa femme ! L’avion lance un SOS et un avion des garde côtes décolle. Le contact radio a été établi avec un bateau qui assure le relais avec San Francisco. Le navigateur pense que si le vent ne change pas, ils vont être à court de carburant onze minutes avant l’arrivée prévue. Il s'aperçoit, un peu tard, qu'il a confondu les miles nautiques avec les miles terrestres (plus courts)…. Le commandant s’apprête à amerrir quand le copilote lui reprend brutalement les commandes et le persuade de poursuivre le vol. Le moteur n° 4 commence à avoir des ratés, mais l’avion finit par atterrir sans autre problème. Après que les passagers soient sortis, le film finit comme il a commencé, avec Roman/Wayne s’éloignant en sifflant la rengaine de Tiomkin qui a beaucoup fait pour la renommée du film.

Le film a bénéficié d'une bonne réalisation technique et les conseillers ont fait du bon travail. Il est vrai qu'avec un réalisateur, pilote vétéran de 14-18, spécialiste des films d'aviation, un scénariste, Ernest Gann, pilote professionnel, les conditions étaient réunies pour que tout soit techniquement correct. On remarquera ainsi certains détails de la navigation au dessus de l'océan, à une époque où le GPS, ou la centrale inertielle, n'existait pas. On voit ainsi Lenny, le navigateur, utiliser son sextant à bulle pour observer les étoiles à travers l'astrodôme. Quand l'avion descend dans les nuages, la navigation repose uniquement sur le LORAN (Long Range Navigation) dont on nous montre l'oscilloscope. Mais c'est avec le radiocompas que le pilote  peut relever la position de l'avion de secours, dont le radar ne trouve le liner qu'à une distance d'une douzaine de kilomètres. Puis, c'est la station gonio des îles Farallon qui guide l'avion vers l'ILS de l'aéroport de San Francisco. On voit alors le navigateur surveiller l'écran du radio altimètre (appelé "Green worm", l'altitude étant déterminée sur un cadran circulaire, par une ligne sinueuse verte), l'approche de San Francisco, par la mer, se faisant au dessus du relief.

Le plus gros problème d’"Ecrit dans le ciel" est son dénouement. Pendant tout le film, les passagers sont préparés à un amerrissage, avec explication des consignes de sécurité, distribution des gilets de sauvetage (que l'hôtesse fait gonfler dans la cabine !), préparation d’un radeau de survie, allégement de l’avion... Puis après tous ces préparatifs, on atterrit  sans même une secousse. Les passagers débarquent sans se bousculer, calmement, attendant chacun leur tour de descendre l’escalier. En fait de catastrophe, ils ne perdent que leurs bagages largués en plein vol !

Le film reçut un très bon accueil du public et de la critique et fut le plus gros succès de l’année. Il reçut un Oscar pour sa musique et fut plusieurs fois nominé pour sa mise en scène et son montage. Jane Sterling et Claire Trevor furent également nominées comme meilleures seconds rôles.


Les avions du film :

Les scènes du début du film et du départ, à "Honolulu", furent filmées, à Burbank, devant les hangars des Flying Tigers, celle de l'enregistrement des passagers, au Grand Central Air Terminal de Glendale. L'atterrissage final se déroula à l'aéroport de San Francisco, sur la piste 28R.

La compagnie charter Transocean, basée à Oakland (Ca.) et dont la flotte comptait de nombreux C-54 de surplus, fournit les avions utilisés par le tournage, ainsi que les pilotes, les conseillers techniques et les mécaniciens. Les avions de la fictive TOPAC, ont conservé la décoration de Transocean : dos blanc, bande rouge de fuselage, dérive jaune.

Un DC-4 de Transocean, l'"African Queen" (C-54A c/n 10538, s/n 42-72433, N4665V), a effectué, en novembre 1956, plusieurs vols entre Oakland, San Francisco et Burbank pour le tournage. Il a été filmé au sol et en vol, au milieu des cumulus. On entrevoit son immatriculation, sous une aile, à "Honolulu", quand les passagers attendent à l'extérieur leur embarquement à la porte "4". Il est remplacé par une maquette pour les scènes de nuit. Cet avion eut une vraie carrière internationale qui commença avec la compagnie chinoise CNAC (XT-104). Revendu aux USA (N8345C), il fut reimmatriculé N4665V, quand il fut acquis par Transocean, en 1953. En 1955, il fut cédé à la compagnie bolivienne Lloyd Aereo Boliviano (CP-610), puis revint en 1961 aux USA chez Miami Air Charter (N5386). En juin 1962, il fut acquis par la compagnie hollandaise Martin Air Charter (PH-MAE), puis par Trans World Leasing. En 1966, on le retrouve en Allemagne chez Transportflug (D-ADAC). En 1970, il est cédé à la compagnie congolaise SODEMAC (9Q-CTD). Il finira avec l'armée de l'air zaïroise (9T-THM).

Un autre DC-4 le remplace, quand il décolle d'"Honolulu" (on remarque que sa dérive n'a pas de dégivreur pneumatique comme le N4665V) de la piste 26. Ce pourrait être le C-54 A-10-DC (N4726V; ex-N66694, ex-LV-ABR) construit en 1942 à Long Beach (Ca.) par Douglas et commandé par l’USAAF (c/n 10315, s/n 42-72210). Ce DC-4 passe souvent, selon certaines sources, pour le seul avion du film, ce qui est démenti par l'observation. Sous le nom de “Argentine Queen”, ce DC-4 avait été l’avion personnel du dictateur Juan Peron avant d’être acheté, en 1953, par Transocean. En 1955, il fut loué à Airwork puis vendu à California Eastern, l'année suivante. Cette compagnie le loua alors à Slick Airways (1959-1960), puis à World Airways (1961). Il fut revendu à une société de leasing, Facilities Management Corp. C'est alors que cet appareil devait être victime d’un feu de moteur au dessus du Pacifique, mais avec des conséquences beaucoup plus graves que dans le film. Le 27 mars 1964, l’avion de Facilities Management Corporation, décolla de Honolulu pour San Francisco, avec trois membres d’équipage et six passagers. Huit heures après le décollage, le pilote lança un appel de détresse. Il signalait un feu au moteur n° 2 et se préparait à amerrir, à environ 1300 km de San Francisco. Puis ce fut le silence total. Des recherches furent effectuées pendant cinq jours, mais aucune trace de l’avion, ni des passagers, ne fut trouvée. Cet appareil avait déjà eu des problèmes avec le moteur n°2 dus à une fuite hydraulique persistante, au niveau du dispositif de changement de pas. Son sort tragique a sans doute crée la légende qui en a fait l'avion vedette du film.

Un troisième C-54/DC-4 (équipé d’une double porte pour charger des palettes) de Transocean fut utilisé pour filmer les scènes de l’avion abîmé, avec un moteur pendant de son bâti, au sol, à la fin du film, alors que les scènes extérieures nocturnes et les séquences de l’avion endommagé en vol furent tournées en studio, avec une maquette de grande taille. L’intérieur de la cabine et du cockpit ont également été reconstitués en studio.

Les US Coast Guards, remerciés dans le générique, collaborèrent au tournage qui fut une occasion pour eux de montrer leurs moyens aériens de recherche et de sauvetage en mer (SAR). C'est un Boeing PB-1G "Dumbo", une Forteresse volante, livrée aux Garde Côtes, munie d'un radar et d'un canot largable (non monté dans le film), qui décolle d'Oakland, quand le DC-4 envoie un SOS. L'appareil que l'on voit avec le numéro "2855" (BuN. 82855, c/n 8746, ex s/n  44-85837) est sans doute extrait d'un documentaire, car il est censé avoir été ferraillé en 1947. En arrière plan, on aperçoit un hélicoptère Sikorsky H-19 tout orange. En l'air, le PB-1G est remplacé par une maquette. Un hydravion Martin Mariner PBM-5A est envoyé à la rencontre de l’avion en perdition. Deux vedettes de 83 pieds (CG-83370 et 83391) de la base d'Alameda sont également mobilisées.

Enfin, quand Dan Roman se remémore l'accident qui coûta le vie à sa femme et à son fils, on voit la queue d'un DC-3 en flamme et, à côté, un capot de moteur de B-29, dont on se demande ce qu'il vient faire ici….

Tout au début du film, à "Honolulu", on entrevoit au moins trois Curtiss C-46 Commando, en arrière plan, dont le C-46D "8044" (s/n 44-78044) . Enfin, on assiste au lancement d’un Fieseler V-1, ou plus exactement de sa version américaine, le JB-2, propulsé par un pulsoréacteur Ford, qui vient troubler le repos des natifs de l’île. Ce qui nous rappelle que les îles Hawaï servirent de base de lancement pour les essais de fusées  de l’USAF.


Christian Santoir


*Film en vente sur amazon.fr

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Creation date : 23/02/2007 : 23:09
Last update : 16/11/2010 : 08:52
Category : - Films
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