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DUNKERQUE
Vo. Dunkirk

 

Année : 2017
Pays : Etats-Unis / Grande-Bretagne/ France/ Pays-Bas
Durée : 1 h 46 min
Genre : guerre
Couleur

Réalisateur : Christopher NOLAN
Scénario : Christopher NOLAN

Acteurs principaux :
Fionn WHITEHEAD (Tommy), Damien BONNARD (un soldat français), Aneurin BARNARD (Gibson), Lee ARMSTRONG (un grenadier), James BLOOR (un soldat), Barry KEOGHAN (George), Mark RYLANCE (Mr. Dawson).

Musique : Hans ZIMMER
Photographie : Hoyte Van HOYTEMA
Producteurs : John BERNARD, Erwin GODSCHALK, Jake MYERS , Christopher NOLAN  
Compagnie productrice : Syncopy, Warner Bros.

Avions :
-Supermarine Mk.Ia Spitfire G-AIST, s/n AR213
-Supermarine Mk.Ia Spitfire G-CGUK, s/n X4650
-Supermarine Mk.Vb Spitfire G-CISV, s/n EP122
-Hispano Aviacion HA-1112 M1L, G-AWHK, c/n 172
-Bristol Blenheim Mk.I, G-BPIV, c/n 10201

Notre avis :

Il s'agit d'un nouveau film sur l'opération Dynamo, après le film américano-britannique de Leslie Norman, "Dunkerque" (titre original : Dunkirk), sorti en 1958, ainsi que "Week-end à Zuydcoote" d'Henri Verneuil, en 1964. Dunkerque fut une grande défaite française et une demi-défaite anglaise, l'armée britannique réussissant à rapatrier la majorité de ses hommes, qui laissèrent néanmoins, derrière eux, armes et bagages (2 472 canons, 65 000 véhicules, 377 000 t d'approvisionnement, plus de 68 000 t de munitions et 147 000 t de carburant…), au grand plaisir des Allemands. C'est pourquoi, la bataille de Dunkerque, est mieux connue en Angleterre qu'en France…En 15 jours, du 21 mai au 3 juin 1940, 338 226 combattants (dont 123 095 Français) ont pu être évacués sur une mer d'huile; la Wehrmacht captura quelques 35 000 soldats, dont la quasi-totalité était des Français qui avaient fait face, pour retarder l'avance allemande..

Dunkerque fut certes, une bataille terrestre, mais les combats se déroulèrent aussi dans les airs,  pas toujours, d'ailleurs, à la verticale de la ville. Le 29 mai 1940, par exemple, 400 bombardiers allemands, protégés par 180 Messerschmitt, ont méthodiquement pilonné Dunkerque, tout en mitraillant les plages, sans oublier de bombarder les bateaux croisant au large. Ce jour-là, le bilan des pertes est tellement lourd que l'Amirauté décide d'arrêter l'opération : près de 250 embarcations sont envoyées par le fond ; les vedettes lance-torpilles et les avions allemands auront raison des contre-torpilleurs français Jaguar et Chacal, des torpilleurs Bourrasque, Siroco et l'Adroit. Le plafond des nuages, souvent très bas, et la fumée des incendies gênent toutefois la Luftwaffe, laquelle ne peut sortir ses escadrilles que les 27, 29 mai et le 1er juin. La RAF effectua 171 missions de reconnaissance, 651 missions de bombardement, et 2739 missions de chasse. Le film ne pouvait donc ignorer cette réalité.

Les Alliés perdirent 177 avions, contre 156 pour la Luftwaffe. Rappelons aussi, que deux escadrilles françaises furent stationnées en Angleterre, entre le 27 mai 1940 et le 5 juin 1940, le GR I/14, équipé de Potez 63, et entre le 30 mai et le 5 juin 1940, le GC II/8, équipé de Bloch 152. Ils opérèrent au-dessus de Dunkerque, à partir de la base RAF de Lympne, dans le Kent.

Le film suit d'assez près les faits, le scenario étant connu d'avance. Il raconte comment en mai 1940, environ 400 000 soldats britanniques, canadiens, français et belges se retrouvent encerclés par les troupes allemandes dans la poche de Dunkerque. L'Opération "Dynamo" est alors mise en place pour évacuer le Corps Expéditionnaire Britannique (CEB), vers l'Angleterre. L'histoire met l'accent sur les destins croisés des soldats, pilotes, marins et civils anglais, durant cette évacuation. Alors que le CEB est évacué par le port et les plages de Dunkerque, un soldat britannique, avec un peu d'ingéniosité et de chance, arrive à embarquer, sous les bombardements. Mais un périple bien plus dangereux l'attend, la traversée du détroit du Pas de Calais.

Ce film est difficile à situer, au niveau du genre : est ce vraiment un film de guerre ? un film de suspense ? une docu-fiction ? ou un drame, mettant en avant les émotions de personnages pris au piège et dramatisant l'écoulement du temps ? L'approche de cette bataille se veut différente d'un classique film de guerre, mais, dans ce type d'approche, on lui préférera, et de loin, "La ligne rouge" (1999) de Terrence Malick. Le scenario est composé de trois histoires entrelacées, celle d'un soldat anglais, Tommy, qui cherche par tous les moyens à quitter les plages, celle d'un civil anglais, Mr Dawson, et son fils, Peter, qui vont au secours des naufragés avec leur yacht, et celle d'un pilote de la RAF, Farrier, qui sera descendu et fait prisonnier. Le film ne s'intéresse qu'au sort des Britanniques, les Français apparaissant en arrière plan, quand les Anglais leur interdisent d'embarquer sur les bateaux, ou quand ils défendent des barricades, pour stopper les Allemands, afin de permettre à leurs alliés de rentrer chez eux…

Le tournage réunit six warbirds, sans parler d'une petite armada d'une cinquantaine de modèles réduits télécommandés, filmés en plein vol par un avion et cinq hélicoptères, le réalisateur ayant décidé de limiter au maximum les images de synthèse, très coûteuses. Mais vu l'importance des moyens aériens employés, l'aérocinéphile (un spectateur exigeant), restera sur sa faim et dira, à la fin du film : "Tout çà, pour çà !". Il y eut, à l'évidence, de grandes coupures au montage, comme l'a d'ailleurs reconnu le réalisateur dans une interview...

Les avions étaient basés sur la base de la Royal Navy (HMS Daedalus) de Lee-on-Solent (Hampshire). Sur le continent, ils furent temporairement basés sur le terrain de Marck (entre Calais et Dunkerque), en France, et sur les aéroports de Lelystad et d'Hoogoven, aux Pays-Bas.

Sinon, les scènes aériennes sont plutôt bien réalisées. Trois Spitfire et un HA-1112L Buchon ont été filmés en vol, souvent de dos. Comme dans les vrais combats aériens, les avions sont vus de loin, souvent à travers la glace du cockpit ou du collimateur. En fait, la plupart des scènes aériennes se passent avec les pilotes, dans leurs cockpits, et pas toujours dans celui d'un Spitfire. Le film compte vingt trois scènes aériennes, de dix secondes à trois minutes, pour un total d'un peu plus de vingt minutes, pendant lesquelles les avions ne sont pas très bien mis en valeur, au point que, souvent, on ne peut faire la différence entre les vrais avions et les maquettes télécommandées (ce qui a sans doute été voulu). Donc, ce n'est pas un problème de durée, mais de qualité des prises de vues et du choix des plans, au montage.


Les avions du film :

Il y a d'abord trois Supermarine Spitfire. Notons que si les Spitfire, dont aucun n'étaient stationnés en France, combattirent bien dans le ciel de Dunkerque, souffrant d'une soixantaine de pertes, les Hawker Hurricane étaient bien plus nombreux qu'eux. Aux côtés de Boulton Paul Defiant, ils affrontèrent les Messerschmitt Bf.109E, Bf.110, les Heinkel He.111H, les Dornier Do.17 et les Junkers Ju.87B Stuka de la Luftwaffe.

Les Spitfire sont pilotés, dans le film, par leur propriétaire, Dan Friedkin, mais aussi par Steve Hinton, le président du Planes of Fame Air Museum de Chino (CA) et Ed Shipley, le leader de la patrouille acrobatique "The Horsemen flight team", volant sur Grumman F8F Bearcat, North American P-51D Mustang, Lockheed P-38 Lightning, North American F-86 Sabre, et auxquels appartiennent Friedkin et Hinton.

Le premier est un Supermarine Spitfire Mk.Ia "G-AIST" (s/n AR213) portant le serial R9632 et les lettres "LC" (sans lettre individuelle) appartenant à une escadrille de protection (station flight), celle de la base RAF de Feltwell à Norfolk, dans l'East Anglia, assez éloignée de Dunkerque. Feltwell abritait, en outre, des squadrons de bombardiers. On ne comprend pas pourquoi ce code a été choisi alors que ce squadron n'a pas combattu à Dunkerque. Peut-être, ce vrai faux code accordait-il plus de liberté au scénariste. Quant au serial "R9632", il appartenait plutôt à un Avro Anson I, un type d'appareil que l'on vit au-dessus de Dunkerque.

Le Spitfire Mk.Ia "G-AIST" fut construit en 1941 par Westland Aircraft Factory et livré à la n° 12 MU (Maintenance Unit). Relégué à des tâches d'entraînement, il fut transféré à la n° 57 OTU (Operational Training Unit) d'Hawarden en juillet 1941, et à la n° 53 OTU de Llandow, en février 1943. Après une série d'accidents il fut stocké à la n° 8 MU de Little Rissington, en août 1944. Réformé en novembre 1945, il fut acquis (G-AIST) par le capitaine Allen Henry Wheeler en octobre 1946. D'abord stocké à Old Warden jusqu'en 1963, il fut restauré et remis en état de vol en 1967. Il participa au tournage de "La bataille d'Angleterre" en 1968. En 1974, Patrick Lindsay l'acheta et le basa à Booker Field. Racheté par Proteus Petroleum Aviation / Proteus Holdings / Sheringham Aviation, en 1990, il fit l'objet d'une longue restauration à partir de 2002. Il revola en novembre 2007 et fut acquis en 2011, par la société anglaise Spitfire The One Ltd., codirigée par Dan Friedkin. L'avion est basé à Duxford.

Les deux autres Spitfire ont le même code "LC" et la même décoration. L'un est le Spitfire Mk.Ia "G-CGUK", (s/n X4650) portant le serial "R9612", dans le film.

A la fin du film, on le voit survoler les plages, moteur arrêté (suite à une panne de carburant…) puis atterrir, train sorti, sur une plage, à l'ouest de la digue du Braek, à Dunkerque. Ce dont on est sûr, c'est que l'approche de la digue a été filmée, avec le véritable avion, volets et train sortis. Par contre, quand il est en finale et touche le sable, certains petits détails laissent penser qu'il pourrait s'agir de véritables images, mais se poser dans le sable, pour un Spitfire, sans moteur ou avec moteur, train sorti, est trop risqué pour que Dan Friedkin ait accepté de le faire. De toute façon, cette scène est peu crédible. Pourquoi le pilote a-t-il choisi de se poser sur une portion de plage aux mains des Allemands ? Comment le pilote connaissait-il le degré de compacité du sable, même mouillé ? Il aurait pu se poser en mer, à proximité des nombreux bateaux qui s'y trouvaient.

Il y a aussi des problèmes techniques. Quand le moteur est arrêté, l'hélice continue de tourner (or on la voit totalement arrêtée), car il n'y a pas de mise en drapeau sur le Spitfire (pour des problèmes de poids et de centrage), seulement un système à deux positions (Fine et Coarse / petit et plein). On voit également qu'au-dessus des plages, le pilote a déjà sorti ses volets (ce qui constituait un puissant frein sur le Spit), alors qu'il n'a pas encore en vue sa zone d'atterrissage, située derrière la digue. En outre, on sort d'abord le train avant de sortir les volets, ce qui fait augmenter la pente. Rappelons que lors d'un atterrissage sans moteur, le but du pilote est de maintenir la finesse de son avion le plus longtemps possible, pas de la dégrader, avant d'être face à sa zone d'atterrissage. Le circuit hydraulique du train d'atterrissage doit vraiment être endommagé, le pilote devant utiliser, en dernier recours, la pompe manuelle (30 coups), sans être certain du verrouillage du train. Rappelons que le Spitfire  avait un système d'ouverture de secours, avec du gaz comprimé. Le mieux aurait donc été, dans ce cas, de se poser train rentré, sur le sable, ce que firent plusieurs Spitfire, à Dunkerque. Doit-on rappeler que le pilote, sans moteur, abat, en outre, un avion allemand, sous les hourras des soldats ! Bref, on n'est plus à Dunkerque, mais à Hollywood, comme pour la scène où un pilote est coincé dans son cockpit qui se remplit d'eau.

Le Spitfire "G-CGUK" fit son premier vol à Eastleigh en octobre 1940, et fut affecté au n° 54 squadron à Catterick. Impliqué dans une collision aérienne, il fut réformé en juin 1941. L'épave fut retrouvée sur les rives de la rivière Lever, en 1976. En 1995, elle fut achetée par Peter Monk  de The Spitfire Company qui entreprit sa restauration. L'avion revola à Biggin Hill en mars 2012. Il est actuellement la propriété de la société Comanche Warbirds de Tom et Dan Friedkin.

L'autre Spitfire est un Spitfire Mk.Vb "G-CISV" (s/n EP122) portant le serial "R9649", dans le film (ce serial appartint à un Avro Anson du n° 311 squadron qui se crasha le 1er octobre 1940, près de Peterborough-5 morts). Le 8 juin 1942, le Spitfire fut mis en caisse pour être expédié à Gibraltar où il fut réassemblé et convoyé vers Malte. Il participa aussitôt à la défense de l'île, aux mains d'un jeune pilote américain. En mars 1943, l'avion fut accidenté au bord d'une falaise et son épave fut jetée à la mer. Ce n'est qu'en 1969, qu'elle fut récupérée. Sa restauration fut effectuée par Biggin Hill Heritage Hangar, pour le compte de Comanche Warbirds (Angleterre) de Tom et Dan Friedkin.

Deux répliques des Spitfire, grandeur réelle, ont été également construites par la société anglaise Gateguards, notamment pour une scène de crash en mer (R9649) en Hollande, et des vues au sol (R9612), aux USA (Point Vicente, à Rancho Palos Verdes - CA), où fut bouclé le tournage. Une section de fuselage, ne comportant que le cockpit, fut également installée au sol. Elle était actionnée par une grande roue lestée afin de la faire pivoter et de reproduire les mouvements latéraux de l'avion.

On constate que la réplique qui amerrit, ricoche sur les vagues (ou plutôt sur les vaguelettes de l'IJsselmeer, le plus grand lac des Pays-Bas), ce que ne ferait pas un véritable avion, plus lourd, et dont le moteur (744 kg à sec) s'enfoncerait immédiatement dans l'eau, à moins que l'avion ne passe tout de suite sur le dos (les entrées des radiateurs d'huile, sous les ailes, et celle du carburateur sous le fuselage, constituent un frein puissant). Un monomoteur flotte un court moment, la queue en l'air, et non à plat, comme dans le film. On constate que le pilote qui se crashe en mer n'a pas, bizarrement, ouvert et verrouillé la canopée, avant de prendre contact avec la mer (ce qui devait être la première action, avant tout atterrissage d'urgence, sur terre ou en mer). Il n'est pas étonnant, qu'après, il ne puisse plus l'ouvrir, le fuselage ayant sans doute été un peu déformé. Il essaie ensuite de défoncer la canopée avec le pistolet lance fusée ! Il a oublié que sur la porte, à gauche, était accroché un pied de biche destiné, justement, à ouvrir la canopée, au cas où elle serait bloquée…Ce pilote ne connait pas du tout son avion ! La procédure normale, de toute façon, indiquait que le pilote devait se parachuter, plutôt que d'essayer d'amerrir, le Spitfire n'étant pas excellent dans ce genre d'exercice qui nécessite un atterrissage trois points, à la limite du décrochage.

Pour les prises de vue du cockpit, en plein vol, on utilisa un Aerostar Iak-52TW (N699DP, c/n 0212302) que l'on "déguisa" en Spitfire (pipes d'échappement sur le capot du moteur radial, canopée de Spitfire installée en place avant…) avec le serial "R9612". Une camera fut installée sur l'aile gauche pour filmer le cockpit avant. Les plans ainsi réalisés furent ensuite assemblés, au montage, avec les prises de vue des vrais Spitfires. Les spotters s'amuseront à retrouver les images du Iak lors des dogs fights (voir la roulette de queue, les montants de la canopée…). Le Iak appartient à la société américaine Theoretical Pictures, domiciliée aux studios Warner Bros., à Burbank, en Californie. Construit par SC Aerostar, en Roumanie, en 2002, cette version du Yak-52 russe fut enregistrée aux USA, en octobre 2002.

Le tournage employa un bimoteur très rare, un Bristol Blenheim Mk.I (G-BPIV, s/n 10201), propriété de la société britannique Blenheim (Duxford) Limited. Malheureusement, on ne le voit en vol que deux ou trois secondes, filmé de dessous, quand il survole à basse altitude, le yacht de l'Anglais Dawson…Pour un amateur de vieux avions, c'est du vrai gâchis ! La production aurait pu s'en passer, mais peut-être voulait-elle rappeler (au "passage"…) qu'une cinquantaine de Blenheim intervinrent en bombardant les troupes allemandes, encerclant Dunkerque.

Il s'agit en fait d'un Bristol Bolingbroke Mk.IVT, un Blenheim construit au Canada, par Fairchild et pris en charge en mai 1943, par le n° 2 Training Command. Il fut d'abord stocké à Winnipeg (Manitoba) jusqu'en janvier 1944, puis affecté au n° 3 Bombing & Gunnery School de MacDonald (Manitoba). Il fut de nouveau stocké en février 1945. Au début des années 80, il appartenait à un particulier d'Hartney (Manitoba). En 1984, il fut vendu à W.J.D. Roberts, directeur de la  Strathallan Aircraft Collection of Scotland, qui commença sa restauration. Celle-ci se poursuivit au British Aerial Museum, de Duxford et à The Aircraft Restoration Co. sur la même base, le 15 février 1989. Il revola le 18 mai 1993, avec le matricule "G-BIPV", étant le seul Blenheim en état de vol, mais il s'écrasa un mois plus tard. Reconstruit, il connut un nouvel accident à l'atterrissage en mai 2003, à Duxford. Il fut alors acquis par Blenheim (Duxford) Ltd. en décembre de la même année. De nouveau réparé, c'est alors qu'il fut transformé en Blenheim Mk.I avec un nouveau cockpit, plus court. Après onze ans de travaux, l'avion revola le 20 novembre 2014, à Duxford. L'avion porte le code "YP-Q" et le serial "L6739", des marques qui sont celles d'un Blenheim Mk.I du n° 23 squadron, dont le nez fut greffé sur le Bolingbroke originel. Le n° 23 squadron, qui était une unité de chasse de nuit et non de bombardement, participa à l'Opération Dynamo.

Côté allemand, la production ne trouva qu'un seul Hispano-Aviacion HA-1112 M1L Buchon (G-AWHK, c/n 172), car aucun Messerschmitt Bf.109E n'était en état de vol, en Europe en 2016 (un seul aux USA, le "N342FH" de Flying Heritage Collection de Seattle); il en était de même pour les Bf.109G (un seul Bf.109G-4 aux USA).

Ce Buchon est la propriété de la société britannique Historic Flying Ltd, basée à Duxford. Construit en 1959, en Espagne, il fut livré à l'Ejército del Aire, la même année, Il fut vendu aux enchères avec 26 autres appareils, en 1968, à la société Spitfire Productions, en vue du tournage de La Bataille d'Angleterre (1969) de Guy Hamilton. Après le tournage, il fut acquis par Wilson C. Edwards et expédié aux Etats-Unis. En 1996, il retourna en Angleterre, racheté par the Old Flying Machine Company et immatriculé G-BWUE. Vendu à The Real Aircraft Company il subit une restauration approfondie et fut remis en état de vol. C'est en 2006, que Spitfire Ltd. l'acquit. Il apparut alors dans le film "Walkyrie" (2008) de Bryan Singer. En novembre 2009, il passa chez Historic Flying Ltd. Il fut reimmatriculé G-AWHK, en 2014.

Une cinquantaine de maquettes télécommandées furent employées à Dunkerque et sur la base de Lee-on-Solent. Ceux que l'on voit le mieux, mais très furtivement, sont des Junkers Ju-52B Stukas, et un Heinkel He.111H, vu plus longuement, dans une scène, où on voit un Spitfire sortir ses volets pour le suivre. Il y eut également des maquettes de Messerschmitt Bf.109E (repérables à leurs bouts d'ailes carrés) et de Spitfire.

Bien qu'on ne les voie pas, il faut mentionner que la production utilisa plusieurs aéronefs pour les prises de vues aériennes. Il y eut ainsi un bimoteur Piper Aerostar 601P (N369QC, c/n 61P-0531224) de la société Hosking Aerobatics d'Ogden (Utah). Son propriétaire, Craig Hosking, fut à la fois pilote et coordinateur des scènes aériennes pour le film, ayant participé à 138 films, dans les mêmes rôles. L'avion, basé à Lee-on-Solent, était équipé de caméras dans le nez et la queue.

Il y eut également cinq hélicoptères, équipés de caméras IMAX. Un Aérospatiale AS355 F1 Ecureuil 2 (G-OHCP, c/n 5249), appartenant à une société immobilière anglaise, intervint à Dunkerque et à Marck. Les autres hélicos travaillèrent à Urk, Lelystad et Lee-on-Solent. Il y avait un Eurocopter AS350 B2 Ecureuil (G-WHST, c/n 2915) de la compagnie Cheshire Helicopters Ltd., un Eurocopter AS355NP Ecureuil 2 (G-DCAM, c/n 5750) de Cameron Charters Llc., l'Aerospatiale AS355N Ecureuil 2 belge (OO-HCE, c/n 5621) de la société liégeoise Héli and Co., enfin, un Eurocopter AS350 B3 Ecureuil (N161UG, c/n 7380), de Comanche Maverick Air Llc. de Houston (TX) de Dan Friedkin.


Christian Santoir

*Film rare (pour l'instant…)

Dunkerque.jpg

 
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Creation date : 05/08/2017 : 08:10
Last update : 05/08/2017 : 08:10
Category : - Films
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