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Paul MANTZ, l’aviateur d’Hollywood.
(1903-1965)


 

Paul Mantz qui, comme un grand artiste, mourut «en scène», devant les caméras, fut l’un des plus grands, sinon LE plus grand «stunt flyer» (pilote cascadeur) d’Hollywood. Il ne fut pas le premier, ni le dernier. Mais ses 35 ans de carrière, ses 24 000 heures de vol, la centaine d’avions qu’il pilota (du planeur genre Chanute, au B-17, mais aucun jet), les personnalités qu’il connut (Lindbergh, Amelia Earhart, Howard Hughes, Chuck Yeager..) en font un cas à part.

PAULMANTZ.jpgTout commence le 2 août 1903, à Alameda (Californie), où Albert Paul Mantz naquit. Son père était directeur d’école. Le virus de l’aviation le contamine très tôt. A 16 ans, il prend ses premiers cours de pilotage. Après un tour du monde sur un vieux vapeur, il réussit en 1927, à s’engager dans l’Armée comme élève pilote, en utilisant un curriculum quelque peu falsifié. Dans l’US Army Air Corps, on ne gagne pas d’argent, mais on peut voler sur des avions dernier cri. Peu avant la fin de sa formation, il a le malheur de frôler de trop près avec son PT-1 un train plein d’officiers ! Finie la carrière militaire, il est viré avec un carnet de vol, où figure la mention «excellent».

Un de ses amis de l’Armée lui trouve une place de représentant des avions Fleet. Un jour, à Burbank, Mantz assiste au tournage d’un film et rencontre des cascadeurs, des gars puant l’essence et le mauvais whisky, qui gagnent gros, au prix d’une vie aussi violente que courte. Mais, pour entrer dans leur association, la «Motion Pictures Pilots Association», qui exerce un véritable monopole à Hollywood, on doit d’abord décrocher un contrat auprès des studios. Le but de Mantz est de rejoindre cette association mais en la transformant en une entreprise commerciale, avec des pilotes de qualité, des avions modernes, une base opérationnelle et une assurance pour protéger les studios des éventuels délais, toujours très coûteux. Sur le conseil de Roscoe Turner, un pilote toujours sanglé dans un uniforme fantaisie impeccable, il rencontre la présidente «Pancho» Barnes, un sacré phénomène, vrai garçon manqué qui porte blouson de cuir et pantalon de cheval; si elle mâche son cigare, elle ne mâche pas ses mots qui feraient rougir un troupier : l’anti Amélia Earhart ! C’est elle qui a organisé les pilotes cascadeurs en association, quand les studios leur faisaient prendre des risques inconsidérés pour une poignée de dollars. Maintenant il y a un tarif syndical pour tout : une vrille dans un avion en feu, sans crash : 50 $­­­­­­­, une vrille jusqu’au sol avec pot à fumée : 1200 $­­­­­­­, etc...…Elle propose à Mantz d’accepter le travail dont les autres ne veulent pas. En 1931, il décroche son premier petit contrat dans le tournage du film « The galloping ghost». Avec les 100 $­­­­­­­, qu’il a gagnés, il peut entrer dans la MPPA.

Il ouvre sa première société l’«United Air services Ltd. » à l’aéroport d’United de Burbank. Mais les affaires sont rares. Un jour, Frank Clarke, le plus célèbre pilote de la MPPA lui signale une cascade qu’il n’ose pas faire ; traverser un hangar, guère plus large que son Stearman. Mantz accepte et réussit parfaitement la scène. Le film, «Airmail» (1932), lui rapporte enfin de l’argent. Mais pour maintenir sa société à flot, il doit continuer ses autres activités :vols charters, publicité aérienne, épandage agricole. Il met au point un nouvel avion caméra, avec chauffage électrique, supports de caméras améliorés. Il apprend beaucoup du grand spécialiste des prises de vues aériennes, Elmer Dyer.

En 1932, il achète deux Lockhed Vega dont l’un servira à son «Honeymoon express» qui emmène les couples vers Yuma pour des mariages rapides, et vers Reno, pour des divorces non moins rapides. Cet avion pouvait servir également d’avion ambulance. Les activités d’«United Air Services» se développant rapidement, des pilotes du MPPA se joignent à lui comme Franck Tomick, Tex Rankine, et même «Pancho» Barnes.

Dans «Men with wings» (1938), la première fresque épique de l’aviation tournée en Technicolor, et la plus grosse production depuis «Hell’s Angels», Mantz reçoit la charge de diriger toute les évolutions aériennes comme conseiller technique de Wellman, au grand dam de Franke Clarke. Paul Mantz est passé derrière la caméra et se produit de moins en moins comme pilote.

En plus du cinéma, Mantz apparaît dans plusieurs meetings, notamment les National Air Races. Avec Frank Clarke, Howard Batt, il forme le «Hollywood trio», une des premières formations acrobatiques civiles. Avec Clarke, il met au point une figure «en miroir», Mantz volant sur le dos, ses roues touchant presque celles de Clarke.

Depuis 1935, Mantz est également l’ami et le conseiller d’Amelia Earhart, notamment pour son tour du monde, en 1937. Elle s’entraîne chez lui à Burbank : vol aux instruments, navigation, pilotage sur multimoteurs. Mantz n’est pas très satisfait de son élève et pense qu’elle n’est pas prête pour une si dure épreuve. Son promoteur de mari accorde trop d’importance au côté financier du raid (livres, interviews, films, publicité). On connaît la suite tragique.

Bien qu’étant le contraire d’un casse-cou (avant son crash fatal, il n’eut qu’un accident dans toute sa carrière, une clavicule cassée pendant le tournage de «Grand Central airport», en 1933), il lui arrivait de se livrer, de temps en temps, à quelques facéties, comme le jour où, apercevant un porte-avions traversant la baie de San Francisco, il fit avec son Boeing 100 un touch and go sur le pont, devant de marins ahuris !

La fin des années trente et le début des années quarante furent des années très actives pour Mantz. Les studios le demandaient tous, enchaînant séries, films d’amour, westerns, toujours avec des avions. Il apparaît même dans une brève séquence de «The bride came COD» (1941).

En 1942, après l’entrée en guerre des États-Unis, le général «Hap» Arnold décide de créer un service cinématographique dépendant de l’Armée : l’«Army Air Corps First Motion Picture» qui s’installe à «Fort Roach» (les anciens studios de Hal Roach) à Culver City. Deux mois plus tard, Mantz est enrôlé avec le grade de major, puis de lieutenant colonel, et devient rapidement le commandant de cette unité que rejoignent des vedettes populaires telles que Clark Gable, Alan Ladd, Ronald Reagan. Mantz enrôla également son vieux rival Frank Clarke et Elmer Dyer. Cette unité produisit plus de 400 films documentaires ou destinés à la formation des pilotes : «The Memphis Belle», «Learn and Live», «Target Tokyo», «Flying the P-39»... En 1943, Mantz participa à des missions de bombardement sur Palerme et Rome. En août 1944, il quitte le MPPU, libre de tout engagement, suite à un sombre complot ourdi par Frank Clarke, son ennemi personnel de toujours.

Revenu à la vie civile, il reprend son activité de charter et de cinéaste aérien. L’après guerre connaît un regain d’activité à Hollywood et sa société, la «Paul Mantz Air Services» n’arrive pas à satisfaire la demande. En outre, d’énormes surplus militaires composés parfois d’avions sortant directement de l’usine, sont en vente pour une poignée de dollars. C’est ainsi que Mantz peut se payer une véritable flotte aérienne composée de 75 B-17, 228 Liberators, 10 Mitchell, 22 Marauder, 8 Mustangs, 6 Airacobras, 90 P-40 et 31 Thunderbolts, plus une trentaine d’avions de divers. La force aérienne de Paul Mantz vient en 7° rang des forces aériennes mondiales après la France ! Un B-25 est transformé en avion caméra et baptisé «Smasher». Il restaure également trois Mustangs qui vont lui permettre de gagner trois fois le Trophée Bendix entre 1946 et 1948, ainsi que d’établir des records de vitesse sur le parcours Los Angeles-Houston-Mexico-Burbank.

En 1952, Mantz équipe le «Smasher» d’une caméra à trois objectifs pour filmer en Cinérama. Il tourne des scènes à travers tous les Etats-Unis pour le film «America the beautiful». En 1953 et en 1954, il effectue deux tours du monde avec le « Smasher » et l’équipe du Cinérama, ramenant des images saisissantes des plus beaux sites de la planète. En 1957, Howard Hughes lui demande de refaire les prises de vue aériennes de «Jet pilot» qui lui ont déjà coûté 180.000 $­­­­­­­. A cette occasion, Mantz fait appel à son vieil ami Chuck Yeager.

Pendant que Mantz, s’occupait à plein temps du Cinérama, un certain Frank Tallman montait une société concurrente. En 1961, Frank Tallman et Paul Mantz unissent leurs flottes d’avions, leur hangars et leur noms pour fonder la «Tallmantz Aviation», un musée volant appelé «Movieland of the air».

En 1965, pour le film «The flight of the Phoenix», il accepte de remplacer Frank Tallman, qui s’est cassé la jambe, pour piloter le «Phoenix», un appareil crée à partir de plusieurs pièces d’avions différents, un monstre qui n’aurait jamais dû voler. Le matin du 8 juillet, dans Buttercup Valley, la Mort était son copilote et l’avion s’écrasa lors d’un dernier passage devant les caméras.

Tel l’oiseau Phoenix, Paul Mantz était devenu immortel. Il sera en effet, toujours vivant dans les films qui passent tard, très tard, le soir, à la télé.

 

Christian Santoir

(Photo : © D. Dwiggins)


Date de création : 14/09/2006 : 14:25
Dernière modification : 17/10/2010 : 18:33
Catégorie : - Biographies
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