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POUR LE MERITE
 




Année : 1938
Pays : Allemagne
Genre : guerre
Durée : 1 h 54
Noir et blanc

Réalisateur : Karl RITTER
Scénaristes : Fred HILDENBRANDT; Karl RITTER


Acteurs principaux : Paul HARTMANN (Capitaine Prank), Herbert A. E. BÖHME (Lieutenant Gerdes), Albert HEHN (Lieutenant Fabian), Fritz KAMPERS (Moebius), Paul OTTO (Major Wissmann), Josef DAHMEN (Sous-officier Zuschlag)


Photographie : Günther ANDERS
Prises de vues aériennes : Heinz von JAWORSKY
Musique : Herbert WINDT

Production : Universum-Film AG (UFA) (Berlin)

Avions :
-Fokker Dr.I  (répliques)
-Fokker D.VII
-Focke Wulf Fw 56 Stösser (images d'archives)
-Bücker Bü 131 Jungmann
-Gotha Go 145
-Grunau Baby (images d'archives)



Notre avis :

Il convient de préciser tout d’abord que ce film est un pur produit de la propagande nazie et un des pires. Le réalisateur Karl RITTER qui était un ancien pilote de la Première Guerre mondiale et un nazi de la première heure, a produit sept films d’aviation, celui-ci étant le troisième après, Verräter (1936) et Patrioten (1937). Ces films étaient destinés à l’édification de la jeunesse en lui apprenant notamment, que « tout ce qui est d’ordre personnel doit s’effacer devant la cause (nazie) ». Ce film sortit d’ailleurs à la veille de la Noël 1938, sans doute en guise de cadeau. Avec « Pour le Mérite » RITTER inaugure un nouveau genre ; le film emploie de nombreux épisodes et scènes qui se déroulent sur plusieurs années et constituent ainsi une véritable fresque du sujet traité. Ici, il est question de la reconstitution de l’aviation militaire allemande de 1918 à 1935, date de la création de la Luftwaffe.

Après la signature du traité de Versailles, l’aviation militaire est interdite en Allemagne. Un pilote, porteur de l’ordre « Pour le Mérite », le Rittmeister Prank, ainsi que d’autres anciens combattants doivent se reconvertir à la vie civile, alors que politiciens et hommes d’affaires véreux mènent la belle vie. Un projet d’école de pilotage échoue quand des hommes du parti démocratique de gauche brûlent les avions poussiéreux rescapés de la guerre. A cause de son incitation à la rébellion armée, Prank sera condamné à la prison mais libéré peu après par ses compagnons d’arme. Il émigre en Amérique du Sud, mais revient au pays après la victoire du parti nazi, pour devenir colonel, commandant de son propre groupe de chasse.

Ce scénario suit de prêt l’histoire réelle, mais en négatif! Ce film vante l’aventurisme, la brutalité , nazis et la haine pour la démocratie, comme l’exprime Prank « Je hais cette démocratie (celle de Weimar) ; je hais toutes les démocraties comme la peste ! ». Le film colporte certaines images : la sympathie à l’égard du peuple français (la Française qui pleure son ami, le pilote allemand décédé), la sportivité des Anglais, ennemis loyaux et compréhensifs, opposé à la dureté des officiels français (épisode de la visite de la commission alliée à la recherche d’avions militaires). On a droit également à l’inévitable scène où le pilote allemand, chevaleresque, épargne l’Anglais dont les mitrailleuses sont enrayées.

Le Rittmeister Prank c’est à la fois von Richthofen, Goering et Udet. Des faits empruntés à la vie de ces pilotes émaillent le film. Citons l’épisode du message radio envoyé aux Anglais pour demander des nouvelles du Rittmeister descendu (von Richthofen); celui du pilote anglais, appelé Brown (comme celui censé avoir abattu von Richthofen), invité par ses vainqueurs et qui demande à aller aux toilettes, dans la nature ! (Udet) ; celui où le récipiendaire de l’ordre « Pour le mérite » emprunte la médaille d’un officier de la Marine, n’ayant pu s’en procurer une (Udet) ; enfin l’épisode où Prank refuse de livrer les avions et la lutte contre le comité de soldats de Manheim (Goering),

En 1918, il est exact de dire que les aviateurs allemands se sentent trahis par l‘armistice car ils n’ont pas démérité et jusqu’au dernier moment, ils ont combattu avec succès les Alliés. Cependant, dès octobre 1917, von Richthofen confiait à ses proches que l’Allemagne allait perdre la guerre, quant à Udet, en août 1918, il insistait sur le nombre de plus en plus grand des avions alliés ; « quand un des nos avions décolle, il y en a cinq qui s’envolent de l’autre côté » et sur le manque d’approvisionnement en matériaux stratégiques (nickel, cuivre...). Le film passe sous silence le blocus subi par l’Allemagne et les contournements des clauses du traité de Versailles par les constructeurs allemands qui poursuivirent leurs activités, secrètement en Russie, mais au grand jour sous des noms d’emprunt, en Hollande, Danemark, Suisse et Suède, voire même en Allemagne dans des coins reculés, sans que les Alliés s’y opposent vraiment.

A part çà, les amateurs de films d’aviation ont ici un des rares films allemands sur la guerre aérienne en 1914-18 qui occupe la première partie du film. On notera que les reconstitutions sont d’un niveau supérieur à ce qu’on peut observer de nos jours. Comme dans la plupart des films de l’époque en Europe, on n’utilise pratiquement pas de maquette. Les paysages de guerre sont bien reproduits. Il est vrai qu’à l’époque, la première guerre mondiale n’était terminée que depuis 20 ans, et un acteur comme Boehme y avait participé comme pilote ; la Luftwaffe a également apporté toute son aide à ce film; n’était-il pas pour la cause nationale ?


Les avions du film :

Côté allemand, les vedettes sont 2 Fokker Dr.I et 2 D VII avec des marques correctes pour une fois, pas de croix de fer sur les Fokker D VII ! Ces Fokker D VII sont des vrais, issus du Musée de Berlin, dont on devait faire des copies, mais finalement furent utilisés pour le tournage au grand dam du conservateur du musée. Notons qu’un des Fokker D VII avait été cédé par la Suisse au musée de Berlin et convoyé en vol de Dübendorf, par E. Udet, le 31/12/1937. Mais des répliques de Fokker Dr.I furent construites par Alfred Friedrich qui était un ancien pilote de chasse. Ces Fokker triplan semblent être équipés avec des moteurs Siemens avec des hélices a très grand pas et un capot moteur un peu différent de l’original.

On voit un Focke Wulf Fw 56 Stösser faire de la voltige et perdre une aile. Ce monoplan parasol, rappelle le Fokker D.VIII, seul monoplan utilisé à la fin de la guerre par les Allemands. La rupture d’une aile en vol lors du second essai, rappelle également cet avion qui eut des débuts difficiles, dus principalement à des défauts de construction. Cette scène se retrouvera dans le « Le crépuscule des aigles » (1966).

Bien qu’il s’agisse d’un film en noir et blanc, on constate que les ailes sont recouvertes d’un camouflage d’usine à losanges, alors que les fuselages sont soit d’une teinte uniforme, soit avec un camouflage à taches incorrect. Un seule insigne personnel : une étoile filante, insigne assez courant dans les escadrilles. Les mitrailleuses Spandau bénéficient de bons montages, mais leur temps de tir semble vraiment trop long, alors que le pilote ne disposait, avec 500 cartouches, que de 60 secondes de tir au maximum. La tenue des pilotes date des années trente, mais le port d’un parachute en 1918 est véridique. Les pilotes allemands portaient un parachute Heinecke à ouverture automatique, dès le printemps 1918. C’est le seul film traitant de la guerre aérienne en 1914-18 où on voit un pilote se parachuter, comme le fit Udet le 28 juin 1918.

Les Français, ou les Anglais, car les insignes de nationalité en noir et blanc se ressemblent, sont représentés par des Bücker Bü.131 Jungmann et Gotha Go 145, avions d’entraînement parus au début des années trente. Leur camouflage à taches ne correspond pas à celui de la première guerre mais plutôt à celui que porteront les avions français en 1940. Un avion anglais est recouvert de damiers. Ce genre de décoration très rare a existé, notamment sur les SE-5 de la Home Defense ; c’était soit une décoration personnalisée, soit, plus certainement, un camouflage expérimental.

Le film évoque l’école de vol à voile du Wasserkuppe qui fut dans les années vingt et trente une véritable pépinière de pilotes pour la future Luftwaffe. A cette occasion, on peut observer les évolutions d’un planeur Grunau Baby.

A la fin du film, ont voit un grand nombre d’appareils : des Heinkel 51, de Döberitz, où était basé un des premiers groupes de chasse, le JG 132 Richthofen, puis sur un parking d’aéroport : Henschel 123 ; Messerschmitt 23b ; Junkers W 34, un Junkers 52, à l’atterrissage. Le film se termine par un grand défilé de Messerschmitt Bf 109D.



Christian Santoir



 



 


Date de création : 05/10/2006 : 22:33
Dernière modification : 26/09/2010 : 12:54
Catégorie : - Films
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