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LE CIEL EST À VOUS
 



Année : 1944
Pays : France
Durée : 1h45
Genre : Drame
Noir et blanc

Réalisation : Jean GRÉMILLON
Scénario : Albert VALENTIN
Adaptation et dialogues : Charles SPAAK

Acteurs principaux :
Madeleine RENAUD (Thérèse Gauthier), Charles VANEL (Pierre Gauthier), Jean DEBUCOURT (Larcher), Léonce CORNE (Dr Maulette), Raymonde VERNAY (La mère de Thérèse), Anna VANDENNE (Lucienne Ivry), Michel FRANÇOIS (Claudinet)

Directeur de la photographie : Louis PAGE
Musique : Roland MANUEL
Décors : Max DOUY
Production : Raoul PLOQUIN

Avions :
-Caudron C.600 Aiglon "F-ANSK", c/n 19 / 7035
-Caudron C.272 Luciole "F-AOFX"
-Fieseler Fi. 156 C5 Storch
-Messerschmitt Bf 108-B1 "Taifun"
-Douglas DC-2 (en arrière plan)
-Caudron C.440 Goéland  (en arrière plan)
-Lioré et Olivier LeO-45  (en arrière plan)


Notre avis :

Ce film fut tourné de juin à octobre 1943, non sans de sérieuses difficultés. Il fut refusé par plusieurs producteurs avant d'être accepté par Raoul PLOQUIN. Quant au tournage des séquences de vol, il fut, que ce soit au Bourget, à Moret-sur-Loing ou à Chelles, très soigneusement surveillé par les autorités allemandes d'occupation. Le sujet est inspiré de l'authentique exploit d’Andrée Dupeyron, femme d'un garagiste de Mont-de-Marsan qui battit, en mai 1938, le record féminin de vol en ligne droite Oran-Tel El Aham (Irak), soit 4360 km en Caudron C.600.

Après avoir été expropriés, pour la création d'un terrain d'aviation, le garagiste Pierre Gauthier, sa femme Thérèse, leurs deux enfants et la mère de Thérèse, viennent s'installer en ville. Le nouveau garage prospère, mais bientôt, Pierre, qui fut le mécano de Guynemer, est incité par son ami, le Dr Maulette, le président de l’aéroclub local, à passer son brevet de pilote : il délaisse famille et métier pour faire des baptêmes de l’air. Thérèse le prend très mal et Pierre jure de cesser. Mais elle aussi va bientôt attraper le virus, après que le docteur lui aura fait faire un tour en avion ! Thérèse passe son brevet, ils achètent un avion et accumulent les coupes locales. Ils sacrifient tout à cet avion, même le piano de leur fille et sa vocation pour la musique classique. Thérèse décide de s‘attaquer à un record de distance. Elle s'envole, puis plus de nouvelles ! L’attente s’installe et Pierre doit faire face à la réprobation générale à commencer par celle de sa belle-mère. Mais on retrouve enfin Thérèse dans le désert. Le record est battu et elle revient chez elle, où elle est accueillie par les habitants et sa famille réunis dans une même ovation.

Le film connut, à sa sortie en février 1944, un grand succès qui alla en s’amplifiant après la fin de la guerre. Tout le monde y trouvait son compte. Pour les pétainistes, il montrait de braves gens, respectueux de l’ordre social établi, mais néanmoins capables d’innovation ; pour les autres, il exaltait le féminisme, alors que la propagande de Vichy prônait la femme au foyer. Le spectacle de parents sacrifiant l’avenir de leurs enfants pour assouvir leur passion et leur plaisir peut paraître, hier comme aujourd’hui, quelque peu choquant. Mais, le comportement hors norme de ces Français « heureux », qui subitement lâchent tout pour s’évader dans l’aviation, peut être interprété comme un message à la France occupée : ne vous résignez pas à la collaboration avec l’Allemagne, présentée par Vichy comme une solution raisonnable, normale, mais recherchez la liberté à tout prix. La liberté, comme le ciel, est à vous ! Dans ce film, la belle-mère c’est Vichy, Thérèse c’est les résistants ou les gaullistes, son mari, Pierre c’est la France silencieuse qui hésite. Quand le tournage du film est terminé, la situation des Allemands en France ne cesse de se dégrader; les maquis s’organisent malgré une répression féroce, et la Corse est libérée.

Le film n’est pas exempt de clins d’œil. On évoque des femmes pilotes célèbres, Françaises, Anglaises, Néo-Zélandaise, mais aucune Allemande. Admirant le Messerschmitt sur le point de tenter un record, Pierre et Thérèse admettent : « Evidemment, on peut pas lutter !» ; ils le feront pourtant et le frêle Caudron l’emportera sur la puissante machine allemande.

Ce film a donc plus pour sujet l’héroïsme du Français de base que l’aviation, ce que nous regrettons. Les scènes d’avions se passent surtout au sol et ne durent que moins de trois minutes en tout. Sinon, la vie d’Andrée Dupeyron est assez correctement relatée si ce n’est qu’elle ne partit pas de Marseille comme suggéré dans le film, mais d’Oran. Comme Thérèse, elle disparut pendant deux jours ; des nomades la retrouvèrent dans le désert à l’ouest de Bassorah. Enfin, la fille de Mme Dupeyron ne se consacra pas à la musique classique. Grandie sur les terrains, elle passa son brevet de pilote à 17 ans.


Les avions du film :

L'avion de Thérèse est un Caudron C.600 Aiglon avec le matricule F-ANSK (n°19/7035) de l’avion d’Elisabeth Lion, évoquée dans le film, avec lequel elle battit le record féminin de distance (catégorie monoplace), avec 4063 km entre Istres et Abadan, deux jours seulement avant d’en être dessaisie par Andrée Dupeyron et son Aiglon (F-ANSI). Mais cet avion entièrement repeint à neuf, sans numéro de série sur la dérive, est différent du vrai F-ANSK. La dérive est plus haute, les carénages des roues ont été découpés (pour éviter le bourrage de la terre) et il est vu, au début, avec ses deux cockpits ouverts. Transformé plus tard en avion de raid, avec la place avant obturée par une plaque, il ressemble alors plus au vrai F-ANSK, premier genre, mais il avait son cockpit fermé par une petite verrière. Plus tard, des photos prises en 1938, le montre avec, une verrière coulissant vers l'avant; la place avant est noyée dans le fuselage et éclairée par un vitrage latéral, bien que cette place reste occupée par un réservoir. L'Aiglon du film n'est donc pas celui d'Elisabeth Lion et on se sait pas d'où il sort. Ce pourrait être un avion réquisitionné en 1939 par l'Armée de l'Air et récupéré à l'armistice par les Allemands, d'où le travail de peinture...

Pierre et Thérèse apprennent à voler sur un Caudron C.272 Luciole immatriculé F-AOFX. Notons que c'est l'immatriculation de l'avion qui est exposé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget (n°14 / 7156). Mais on peut douter que ce soit le même. Le Luciole du film a une curieuse décoration avec des bandes blanches à l'intrados et le chiffre "10" sous chaque aile, il y a une bande de couleur autour du fuselage, devant l'empennage, et un grand losange blanc sur la dérive avec le logo de l'aéroclub. L'immatriculation F-AOFX s'étend sur un large fond blanc visiblement surimposé sur le fuselage, sans doute couleur argent. Bref, tout cela cache quelque chose…. Le losange est de la taille d'une swastika, et les zones blanches pourraient bien cacher de belles croix noires ! Cet avion a été vraisemblablement prêté par la Luftwaffe, qui disposait pour ses liaisons, ou l'entraînement, d'un grand stock de Caudron.

Lors de l'inauguration de l'aéroclub, Pierre dépanne un Fieseler Fi.156 C5 Storch, avec un support de mitrailleuse annulaire, à l’arrière du poste de pilotage, et un réservoir largable sous le cockpit, sans doute un avion sorti tout droit des chaînes de montage de Morane Saulnier à Puteaux.

Plus tard, la concurrente de Thérèse s'envole sur un Messerschmitt Bf 108-B1 "Taifun" équipé d'une hélice à pas variable Argus, un avion produit en France par la SCAN. Sur le port aérien (comme on disait à l'époque) de Lyon-Bron, où le tournage se poursuivit après que Le Bourget ait été bombardé, on aperçoit également un Douglas DC-2 (D-AAIB ou C ou D ?) de la Luft Hansa qui, à l’époque, faisait la ligne Berlin-Lisbonne, ainsi que deux Caudron C.440 Goéland (dont un avec un faux matricule : F-ABCO (datant des années 20...) et un LeO-45.


Christian SANTOIR

*Film en vente sur amazon.fr



 

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Date de création : 26/10/2006 : 18:34
Dernière modification : 13/08/2013 : 16:02
Catégorie : - Films
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Réactions à cet article

Réaction n°7 

par tamarise le 07/11/2009 : 09:49

J'ai 75 ans et j'ai eu l'honneur d'être invitée avec mes parents chez Mr et Mme  Dupeyron  et de faire un tour en avion à Mont de marsan en 1937, j'ai toujours une photo souvenir et bien qu'âgée de 3ans et demi à cette époque le souvenir est toujours bien présent.Je me souviens aussi qu'au déjeuné nous étions plusieurs enfants et que c'était très joyeux.


Réaction n°6 

par christian le 17/08/2009 : 12:05

Merci à Dominique pour ce témoignage indirect d'un témoin occulaire. Pourrait-on connaître la date de ce bombardement ?

Réaction n°5 

par Dominique le 17/08/2009 : 11:27

Bonjour, une partie de la figuration des enfants a été assurée par le patronage des paroisses de Champigny-sur-Marne et de Joinville-le-Pont. Cela permettait au famille de toucher un peu d’argent en ses temps difficiles. Mon père était l’un de ces enfants.. Il m’a témoigné que le bombardement du Bourget a été très dur et que le départ du car se fit dans un début de panique encontournant un autre autocar soufflé par une des explosions. Le tir de la DCA allemande était colossal et assourdissant. De Champigny, où on entendait le grondement et assistait au balais des avions, ma grand-mère se faisait un sang d’encre et le retour se fitdans l’émotion. Autre souvenir anecdotique: L'acteur qui jouait le personnage du curé, semblait attiré par les petits garçons. Ceci déclencha une certaine appréhension chez les jeune  figurants… Cdlt.

Réaction n°4 

par fifille le 07/03/2009 : 18:03

Concernant le tournage de scènes sur l'aéroport du Bourget, je confirme :
ma maman âgée aujourd'hui de 80 ans était figurante, et a tourné des scènes alors qu'elle n'avait qu'une dizaine d'années.

Réaction n°3 

par christian le 04/03/2009 : 09:21

Oui, c'est possible, car le tournage eut lieu à plusieurs endroits (Chelles, Moret s/Loing..). Parfois, les journaux annoncent un lieu de tournage, et c'est un autre qui est finalement utilisé...Personellement, je n'ai pas la confimation que l'aérodrome de Mosselles (bien connu du cinéma) ait été choisi pour ce film.

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