Recherche
Recherche
Fiches de film

Articles cinéphiles

Liens

AVIATION

Cocardes
Cocardes Photos

CINEMA & ARCHIVES

BiFi
IMDB
INA
Web Archives

Webmaster - Infos
Préférences

Se reconnecter :
Votre nom (ou pseudo) :
Votre mot de passe
Captcha reload
Recopier le code :


  Nombre de membres 146 membres
Connectés :
( personne )
Snif !!!
Copyright
Tous droits réservés
© www.aeromovies.fr
2001-2017
rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.aeromovies.fr/data/fr-articles.xml

BRUMES
Vo : Ceiling Zero



Année : 1936
Pays : USA
Durée : 1 h 34 min
Genre : Drame
Noir et blanc

Réalisateur : Howard HAWKS
Scénario : Morrie RUSKIND, Frank WEAD

Acteurs principaux : James CAGNEY («Dizzy» Davis), Pat O’BRIEN (Jack L. Lee), June TRAVIS (Tommy Thomas), Stuart ERWIN (Texas Clarke), Barton MACLANE (Al Stone), Henry WADSWORTH (Tay Lawson), Martha TIBBETS (Mary Miller Lee)

Photographie : Arthur EDERSON
Conseiller technique : Paul MANTZ
Musique : M.K. JEROME, Bernard KAUN
Producteur : Hal B. WALLIS, Jack L. WARNER
Distribution : Warner Bros

Avions :
-Northrop Gamma 2-D, c/n 9, NC13758
-Curtiss J2 Fledgling c/n 69, NR465K
-Boeing 100 (en arrière plan)
-Boeing 247 c/n 1718, NC13336 (en arrière plan)


Notre avis :

Le scénario de BRUMES est tiré d’une pièce de théâtre de Frank W. WEAD, un ancien pilote de l’US Navy reconverti, après un accident domestique, dans l’écriture de nouvelles, de livres et de scripts ayant, pour la plupart, l’aviation pour thème. Avant la sortie du film, le 16 janvier 1936, les autorités de l’aviation civile ayant remarqué que la pièce, restée à l’affiche pendant trois mois à Broadway l’année précédente, avait fait une publicité préjudiciable au transport aérien, demandèrent à la Warner de retirer son film, mais en vain, vu les dépenses engagées. Cependant, la direction des studios accepta qu’un long texte explique que les événements évoqués dans le film appartenaient à l’ère des pionniers et que maintenant "des routes aériennes balisées, la radio, un service météorologique compétent, des dégivreurs et d’autres équipements de sécurité, permettent à de grands avions de ligne de fournir un service sûr et fiable". C’était peut-être s’avancer un peu trop… Le film néanmoins montre plusieurs crashs; le spectacle d’un ancien pilote devenu un peu simplet suite à un accident, et réduit désormais à faire le ménage dans les bureaux, n’est pas là pour rassurer les éventuels passagers !

L’action se situe à l’aéroport de Newark (New jersey) où Jack Lee est le chef des opérations de Federal Airlines, une compagnie de poste aérienne. Parmi ses meilleurs pilotes, figure son ancien compagnon de guerre, «Dizzy» (écervelé) Davis, qui malheureusement a un comportement irresponsable et fait passer ses conquêtes féminines avant son travail. Quand Davis simule la maladie pour se rendre à un rendez vous, avec la jeune et belle pilote, Tommy, il est remplacé par Texas, un pilote marié, qui se tue en atterrissant par temps de brouillard. Se sentant coupable, CAGNEY décide de se racheter. Il prend la place d’un pilote désigné pour effectuer les essais d’un nouveau système de dégivrage des ailes. L’avion finit par s’écraser, mais Dizzy a pu communiquer avant, par radio, des informations précieuses pour rendre plus sûrs les futurs vols en conditions givrantes.

BRUMES peut être considéré comme le brouillon, ou l’esquisse, de «
Seuls les anges ont des ailes». Le scénario est presque identique. Une poignée d’hommes affrontent un danger permanent qui fait partie de leur métier et qu’ils acceptent comme une fatalité. Une femme déclenche le drame ; elle est indirectement responsable de la mort de deux pilotes. L’action se déroule presque en vase clos, dans la salle de contrôle de la compagnie. La scène de l’atterrissage malheureux de Texas en pleine nuit alors que Jack et Dizzy essaient de le guider, se retrouvera dans « Seuls les anges ont des ailes », avec également la femme du pilote qui assiste en direct à l’accident fatal de son mari. Le scénario de BRUMES inspirera le film de Lewis Seiler « International Squadron » avec Ronald REAGAN, sorti en 1941. CAGNEY et O’BRIEN avaient déjà tourné ensemble dans «Le bousilleur » (Devil’s dogs of the air) de Loyd Bacon, en 1935. La rencontre de Dizzy avec son ami Jack, au début du film, et celle de Tommy avec le Lieutenant Brannigan dans « Le bousilleur », sont jouées de la même façon par CAGNEY. Le couple CAGNEY / O’BRIEN était également présent dans «Here comes the Navy» (1934) du même réalisateur. Dans ces trois films CAGNEY joue à peu près le même rôle, un gars pas sérieux, coureur de jupon, qui devient un héros.

Le titre français, BRUMES, est moins fort que le titre original «Ceiling zero» (plafond zéro) qui désigne un temps totalement bouché, où la visibilité horizontale au sol est de moins de 50 mètres, et la base des nuages est à moins de 15 mètres de haut; «un temps où même les oiseaux restent au sol» comme on dit dans le film. Est-ce pour rassurer les chers spectateurs, mais plusieurs scènes du film montrent les techniques de navigation aux instruments de l’époque. Dans la salle de contrôle est affichée la carte des routes aériennes du NE des États-Unis ; ces routes étaient jalonnées de radio-phares directionnels à quatre axes, émettant toutes les cinq secondes un indicatif en morse et, toutes les dix minutes, des informations météo en phonie. Dans le cockpit, la caméra s’attarde sur un tableau de bord avec horizon artificiel, conservateur de cap, bille-aiguille, instruments qui sont, encore aujourd’hui, à la base du vol IFR. Newark était à la fin des années trente, l’aéroport des États-Unis qui avait le trafic aérien le plus dense. Il fut le premier à être équipé d’une station de radioguidage pour l’approche des appareils, dès 1932. Normalement, Texas n’aurait pas dû rater son atterrissage… Quant au système de dégivrage pneumatique qui est expliqué dans le film, il avait été mis au point par B.F. Goodrich en 1934 avec l’aide de la compagnie TWA (Transcontinental & Western Air).

En définitive, BRUMES n’est pas un grand film d’Howard HAWKS, malgré la brillante performance de CAGNEY. C’est une sorte de pièce de théâtre filmée avec peu d’extérieurs et des scènes aériennes très courtes, pas plus de quatre minutes en tout. A voir pour le Northrop Gamma ; on ne retrouvera ce très bel oiseau que dans «
Atlantic flight» (1937) et dans une série, «Captain Midnight » (1942).


Les avions du film :

La Warner confia à
Paul MANTZ la réalisation des scènes aériennes. Il recruta Frank Tomick pour piloter l’avion caméra. Le tournage eut lieu à l’Union Air Terminal de Burbank.

La vedette du film est le Northrop Gamma 2-D équipé d’un moteur Wright «Cyclone»  de 710 chevaux. L’avion utilisé par le tournage (c/n 9, NC13758) appartenait à TWA qui l’utilisait pour le transport du fret et du courrier d’une côte à l’autre (11h 21 min entre Los Angeles et Newark, en mai 1934) avec le nom d’« Air Express ». En 1936, la TWA envisageait d’opérer à haute altitude; le NC13758 fut spécialement modifié pour des vols atteignant 10.600 mètres et rebaptisé «Experimental Overweather Laboratory ». Ce programme devait étudier, entre autres, les problèmes de givrage. En 1943, cet avion servit dans l’US Army Air Corps sous le nom d’UC-100 (serial 42-94140). Il finira sur le terrain de Kelly Field en 1944, immobilisé par le manque de pièces de rechange.

L’avion sur lequel Tommy fait son premier vol solo est un Curtiss J2 Fledgling (c/n 69, NR465K), un avion très répandu dans les écoles, d’où son nom (oisillon). Au sol, en arrière plan, on voit un Boeing 100, sans doute celui de Paul MANTZ, et un Boeing 247 (c/n 1718, NC13336) d’United Airlines.


Christian Santoir

















BRUMES2.jpg

Mots-clés associés

Date de création : 29/11/2006 : 21:41
Dernière modification : 30/10/2012 : 16:39
Catégorie : - Films
Page lue 5650 fois
Précédent  
  Suivant


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !