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DARK BLUE WORLD
Vo. Tmavomodrý svet




Année : 2001
Pays : République tchèque
Durée : 1 h 51 min.
Genre ; guerre
Couleur

Réalisateur : Jan SVERAK
Scénario : Zdenek
SVERAK

Principaux acteurs :
Ondrej VETCHY (Frantisek Sláma), Krystof HADEK (Karel Vojtisek), Tara FITZGERALD (Susan), Charles DANCE (Wing Commander Bentley), Oldrich KAISER (Machatý), David NOVOTNY (Bedrich Mrtvý), Linda RYBOVA (Hanicka), Jaromír DULAVA (Kanka), Lukás KANTOR (Tom Tom), Radim FIALA (Sysel)

Musique : Andrej SOUKUP
Photo : Vladimir SMUTNY
Producteur : Eric ABRAHAM
Compagnie distributrice : TFM distribution

Avions :
-Supermarine Spitfire Mk VIII s/n MV154, G-BKMI
-Supermarine Spitfire Mk V s/n BM597, G-MKVB
-Supermarine Spitfire Mk.IXb  s/n MH434, G-ASJV
-Supermarine Spitfire LF Mk. Vb s/n EP120, G-LFVB
-North American B-25J s/n 44-86893A, N6123C
-Platzer Liebitz


Notre avis :

Le 15 mars 1939, l’Allemagne envahit la Tchécoslovaquie (en fait la Bohême et la Moravie, la Slovaquie s’étant déclarée indépendante le…14 mars) sans tirer un coup de feu. Les aviateurs tchéques doivent rendre leurs appareils et leur installations aux forces occupantes. De nombreux pilotes n’acceptent pas cette humiliation. 660 aviateurs tchèques et slovaques fuient à travers la Pologne afin de continuer le combat. Le gouvernement polonais, menacé par les nazis, ne reçoit pas de bon coeur cette arrivée d'aviateurs et les envoient en France. Lors de la guerre entre les Polonais et les Allemands alliés aux soviétiques, 90 aviateurs exilés participent au combat.

Dark Blue World


Le film commence en 1950, dans un camp de prisonniers où ont été enfermés les pilotes retournés au pays, soupçonnés de collusion avec les capitalistes, selon une logique toute communiste. Le film se déroule en flashs-back alternant la vie du prisonnier Frantisek et sa vie antérieure, avant l’arrivée des Allemands puis en Angleterre. Le lieutenant Frantizek et son jeune ami Karel avaient décidé de rejoindre la RAF. A leur arrivée en Angleterre, les pilotes tchèques doivent recommencer leur entraînement depuis le début, apprendre les procédures anglaises et surtout, la langue que tous ne maîtrisaient pas bien. Dès leur première sortie, ils éprouvent leurs premières pertes. Karel est descendu mais réussit à atterrir près d’une ferme où il trouve une femme seule plus âgée que lui, Susan, dont il tombe immédiatement amoureux. Il présente Susan à Frantisek qui lui aussi, n’est pas insensible aux charmes de la belle anglaise. Karel est descendu une seconde fois lors de l’attaque d’un train, en France. Frantisek se pose à coté de lui pour le récupérer. Peu après, Karel se rend compte de la liaison que Frantisek entretient avec Susan et leur relations se dégradent. Quelques missions plus tard, c’est au tour de Frantisek d’être abattu au dessus de la Manche. Karel en voulant lui lancer son radeau pneumatique, percute l’eau et se tue. Le film se termine sur le retour de Frantisek en Tchécoslovaquie, après la guerre, où il retrouve son ancienne petite amie mariée à un chef de gare, et son pays sous le joug d’une autre forme de totalitarisme qui aura la vie plus dure que le nazisme.

L’héroïsme de ces hommes ne sera reconnu qu’au début des années quatre-vingt dix, après la restauration de la démocratie dans le pays, aujourd’hui de nouveau divisé en deux, comme en 1939… Dans le film, on passe directement de la Tchécoslovaquie à l’Angleterre, alors que la plupart des pilotes tchécoslovaques transitèrent par la France où sera reconstituée l’armée tchécoslovaque qui se battit pour la défense du territoire aux cotés de notre armée. Après la chute de la Pologne, les aviateurs tchèques et polonais fuient vers la Roumanie, puis vers la France. En mai 1940 , il seront 786 intégrés dans les unités françaises. Dans l’Armée de l’Air, en 1940, un pilote sur huit est tchèque. Ils auront l’occasion de se faire la main sur des chasseurs modernes (Bloch 152, Curtiss H-75, Morane Saulnier MS.406 et Dewoitine D.520) et détruiront 129 appareils ennemis. Après la capitulation de la France, les militaires tchèques évacuent le pays en août 1940 et 932 aviateurs atteignent les côtes anglaises, certains, comme le capitaine Alois Vasatko, avec déjà un beau palmarès. Comme tout pilote étranger, ils durent repasser tous les tests de sélection selon les normes anglaises. L’exercice où on voit Frantisek commander une section de bicyclettes équipées d’ailes (!) est authentique et avait pour but d’apprendre aux cadets le vol en formation ; mais les vélocipèdes n’étaient pas équipées de radio comme dans le film !

Deux scènes semblent invraisemblables. La première est celle où Frantisek atterrit dans un champ pour récupérer son ami Karel. Les deux repartent dans le même Spitfire dont le cockpit était très étroit ; la tête de Karel assis sur les genoux de son ami dépasse du pare brise. Un telle scène qui se réfère à de rares faits réels, est assez fréquente dans les films d’aviation et on la retrouve dans «Dawn patrol» (1930), «Les géants du ciel» (1948), mais il s’agit dans ce dernier film d’un Thunderbolt, taillé pour une carrure de pilote yankee. Il paraîtrait néanmoins qu’il s’agit d’un exploit authentique concernant deux pilotes anglais dont l’un fut abattu en France lors d’une séance de straffing. L’autre scène peu crédible est celle où Karel veut jeter son dinghy (type K) gonflable à son ami. Pour ce faire, il aurait dû déboucler son harnais et se lever, pour extirper le canot qui lui servait de coussin, tout en pilotant !

DARK BLUE WORLD tourné en Tchécoslovaquie et en Afrique du sud, est non seulement très bien filmé et monté, mais se caractérise aussi par une utilisation très judicieuse de l’image de synthèse qui n’encombre pas l’écran (jamais de gros plans, durée très courte) et sert uniquement à raccorder entre elles les scènes aériennes filmées. Celles ci sont « assistées » par l’image, et non remplacées par elle.

Par ailleurs, ce film est tout en douceur et délicatesse, mêlant nostalgie, humour et combat, malgré un thème tragique. Il se situe à mille milles des films de guerre américains. On succombe à son charme, slave bien sûr….


Les avions du film :

Les quinze minutes de scènes aériennes ont été réalisées avec peu d’avions. Le tournage utilisa qautre Spitfires en état de vol, pilotés par Nigel Lamb (coordinateur des scènes aériennes), Robs Lamplough et Ray Hanna. Le tournage eut lieu sur la base de Hradcany au nord de Prague. Précisons tout d’abord que lors de la bataille d’Angleterre, les escadrilles tchèques n’étaient pas équipées de Spitfire, mais de Hawker Hurricane. Mais la rareté des Hurricane en état de vol, fit préférer les Spitfire plus nombreux.

Le premier Spitfire était un Mk.VIIIC (MV154) construit à Southampton en 1944. Cet appareil fut envoyé en Australie où il servit avec les forces aériennes, avant de finir dans une école de mécaniciens ; puis il fut vendu à différents propriétaires. Lamplough le racheta en 1979 pour le restaurer sous l’immatriculation G-BKMI, au nom de l'Air Museum Ltd. de North Weald. Il fit son premier vol à Filton en mai 1994. En 2000, il servit pour le tournage de «Pearl Harbor» sous le matricule : AR654 (RF-T).

Le second Spitfire est un Mk Vb (BM597) appartenant à "Historic Flying Ltd." d'Audley End . Cet avion fut alloué un temps aux 315 et 317 Polish Squadron (escadrons polonais) avant d’être accidenté gravement. En 1945, cet avion fut affecté à des unités de maintenance et servit de cellule d’instruction. Dans les années cinquante et jusqu’en 1979, il fut exposé à l’entrée de différentes bases. Vendu à "Historic Flying Ltd.», en juin 1988, il revola le 20 Juillet 1997, sous le matricule G-MKVB. Il participa également en 2000 au tournage de «Pearl Harbor» sous le matricule AR352 (RF-C).

Le troisième Spitfire est un Spit Mk.IXb (c/n CBAF.5562, G-ASJV) de l'Imperial War Museum de Duxford. Cet avion de la force aérienne néerlandaise, retiré du service en 1947, fut livré aux Indes néerlandaises où il fut accidenté. Il sera récupéré par la Belgique en 1953 et sera vendu en Angleterre (G-ASJV) à la société Film Aviation Services, d'Elstree, La Old Flying Machine de Duxford le prendra en charge en 1987.

Le dernier était un Spitfire  LF Mk.Vb  (c/n CBAF.2403, G-LFVB), un ancien chasseur de la RAF (EP120). Dès 1955, il fut exposé à l'entrée de différentes bases, avant de rejoindre la Fighter Collection de Duxford en 1994, qui le restaurera et le fera revoler en septembre 1995.

Chaque heure de vol de ces appareils coûta 7500 $­­­­­ à la production, aussi chaque minute de tournage devait-elle être exploitée au mieux.. Mais pour ce prix là, on a droit à des très belles scènes, dont celle de l’attaque du train, et en plus, au son du Rolls Royce Merlin qui est une vraie mélodie. Les autres Spitfire Mk. V et VIII, vus au sol, sont des maquettes grandeur nature en fibre de verre, certaines «pilotées» par les acteurs et montées sur des camions lancés sur la piste. On utilisa également des maquettes radiocommandées.

Le film s’ouvre sur un Bücker 131 Jungmann / Aero C-104, où Frantisek explique à sa copine Hanicka, installée en place avant, le maniement du manche à balai…. Cet avion est aux couleurs des avions d’entraînement de l’armée de l’air tchèque. On en voit deux autres dans un hangar. Mais l’avion qui atterrit avec Karel aux commandes, malgré une certaine ressemblance, n’est pas un Bücker, mais un Platzer Kiebitz, un ULM construit en Allemagne.

Le tournage utilisa également un North American B-25J qui servit d’avion caméra, aux cotés d’un hélicoptère Mil Mi-8. On le voit atterrir sur un moteur. Cet appareil (s/n 44-86893A, N6123C)
sans tourelle supérieure, ressemble à un CB-25J. Il appartenait à l'association Flying Bulls GmbH. Les vues aériennes de cet avion sont en images 3D dont la qualité d’ailleurs n’est pas très bonne, contrairement à celle du Heinkel 111.


Les scènes de dogfights sont pour la plupart tirées de la «Bataille d’Angleterre» (1969) et c’est pourquoi l’immatriculation fictive des Spits «AI» est faite pour être identique à celle que l’on voit sur les avions de ce film. Les Messerschmitt Bf.109E sont les HA.1109 Buchon espagnols du même film. Enfin, de courts extraits ont été empruntés à «Memphis Belle» (1990).


Christian Santoir









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Date de création : 01/03/2007 : 11:13
Dernière modification : 19/10/2010 : 11:54
Catégorie : - Films
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