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ELLY BEINHORN-ALLEINFLUG

   

Année : 2014
Pays : Allemagne
 Durée : 1 h 42 min.
Genre : aventures
Couleur

Réalisateur : Christine HARTMANN
Scénario : Rodica DÖHNERT, Christine HARTMANN

Acteurs principaux :
Max RIEMELT (Bernd Rosemeyer), Christian BERKEL (Ernst Udet), Vicky KRIEPS (Elly Beinhorn), Colin MOSS (Moye Stephens), Harald KRASSNITZER (le père d'Elly)

Producteurs : Ariane KRAMPE, Rita NASSER     
Musique : Fabian RÖMER
Photographie : Emre ERKMEN
Compagnie productrice : UFA Fiction

Avions :
-Klemm L.25 c/n 152, D-EFTE
-Messerschmitt Bf.108B c/n 2246, D-EBEI
-Klemm KL.35D, c/n 1642 , D-EFTY
-Boeing-Sterman PT-17, c/n 75-2936, s/n 41-25435, ZS-MIC
-De Havilland DH.82A Tiger Moth c/n 84764, D-EFTN
-Lockheed PV-1 Ventura, BuN.34965, c/n 5855 (en arrière plan)
-Stampe SV4A, c/n 396, D-EJKA (en arrière plan)
-Morane Saulnier MS 315, c/n 7603-345, F-BBQE (en arrière plan)


Notre avis :

Ce téléfilm allemand, produit et réalisé par des femmes, a pour principal personnage, l'aviatrice allemande Elly Beinhorn, très célèbre dans l'entre deux guerre. Le titre s'inspire de celui d'un de ses livres "Alleinflug. Mein Leben." (Ed. Langen-Müller, München 1977), "Le vol solitaire. Ma vie."

Dans les années trente, l'Allemagne comptait de nombreuses femmes pilotes d'exception comme Liesel Bach, Hanna Reitsch, Melitta Schenck,Théa Rasche, Marga von Etzdorf, parmi les plus connues, toutes se distinguant dans divers domaines : raids aériens, vols de record, voltige, essais d'avions. Une seule, Marga von Etzdorf, citée dans le film, parvint à s'installer dès février 1928, dans le cockpit d'un avion de ligne de la Lufthansa, alors que les femmes commençaient, tout juste, à avoir accès à la cabine, en tant qu'hôtesses, remplaçant peu à peu les stewards. Von Etzdorf resta une exception pendant près de 50 ans ! Il fallut attendre les années 70 pour que le cockpit s'entrouvre aux femmes qui purent devenir copilotes, puis, enfin, commandants de bord. Mais cela reste encore une exception au XXI° siècle; en 2014, la compagnie Air France ne comptait que 7% de pilotes féminins, Lufthansa, 6%... (no comment).

Elly Beinhorn ne transforma jamais sa passion du vol en métier. Elle resta une pilote de records jusqu'au début de la guerre. Pour elle, l'aviation était surtout un sport et un plaisir, auquel elle s'était entièrement consacrée.

Le film ouvre sur son crash, lors de son premier vol en Afrique. Puis, on revient en arrière à en 1930, quand Elly Benthon fait de la voltige dans des meetings aériens, ce qui lui permît d'acheter un avion. Avec le soutien de son mentor, Ernst Udet, elle entreprend son premier raid africain, qui est aussi une mission d'appui à une expédition scientifique autrichienne, en Guinée portugaise. En 1932, avec son voyage autour du monde, elle obtient la gloire. Cependant Elly Beinhorn rêve de fonder une famille, un projet difficile à réaliser dans une société conservatrice. Mais elle rencontre le pilote de course Bernd Rosemeyer qui tombe amoureux d'elle. Ils se marient et un an plus tard (13 juillet 1936), naît leur fils, Bernd junior. Cela n'empêche pas Elly de voler et de battre de nouveaux records. Mais Rosemeyer se tue en tentant de battre un record de vitesse, le 28 janvier 1938. Malgré ce drame, elle tente un autre vol intercontinental. Quand la seconde guerre mondiale éclate, elle refuse de rejoindre les rangs du parti nazi et de continuer à voler pour l'état allemand.

Pendant la guerre, elle ne fera, en effet, que de brèves apparitions, lors de visites à des escadrilles sur le front occidental (comme le KG.30, basé à Eindhoven, en 1941). Après la guerre, Elly Beinhorn volera vers la Libye, participera, aux USA, à la All Women Transcontinental Air Race de 1959, avec Claire Walters (elles se classeront 34ème), et à d'autres rallies aériens en Europe, comme le Deutschland Flug en juin 1956, l'Europäischer Sternflug de 1959 ou l'Alpen Sternflug de 1963.

Comme évoqué dans le film, il est vrai, qu'après 1933, le gouvernement allemand fit des femmes pilotes des ambassadrices itinérantes, pour répandre sa propagande politique à l'étranger. Le couple Elly Beinhorn/Berndt Rosemeyer fut érigé, malgré lui (Rosemeyer fut nommé capitaine de la SS), en modèle, étant salué comme le couple aryen typique, symbole de modernité, d'audace et de réussite.

Pour en revenir au film, il faut constater qu'il comporte nombre de bizarreries.

S'il est vrai qu'Elly Beinhorn avait emmené un phonographe, lors de son voyage autour du monde, on n'est vraiment pas sûr qu'elle écoutait de la musique, en plein vol, dans un cockpit ouvert, avec le bruit du moteur dans les oreilles. Que dire des turbulences thermiques au dessus de paysages désertiques; elles auraient eu vite raison du bras du phonographe qui ne serait pas resté longtemps dans les sillons du disque !

Le film ne parle pas de l'aide précieuse qu'Elly Beinhorn reçut des gens de l'Aéropostale, chefs de poste, mécaniciens, en Mauritanie, comme au Sénégal. Mais en dehors de cet oubli, le plus étrange dans ce film, est une sorte de télescopage spatio-temporel combinant ses deux vols africains (en Afrique de l'ouest en 1931, puis, en 1935, en Afrique de l'est et du sud) et son périple autour du monde (en 1932).

Bissau, en Guinée portugaise, où Elly atterrit en février 1931, apparait être situé en plein désert, au milieu de montagnes arides. Bissau est un port au bord d'un estuaire; tout le pays est couvert d'une végétation arbustive et parcouru par de nombreux cours d'eau se jetant dans la mer, au milieu de vastes mangroves, bref un pays plat et plutôt humide. Elly Beinhorn fit d'ailleurs équiper son avion de flotteurs, d'autant qu'elle se rendit dans les îles Bissagos, où il n'y avait pas de piste (mais une compagnie allemande exploitant l'huile de palme). Les paysages et les animaux aperçus sont dignes du Serengeti ou du Kalahari, ou plus exactement des déserts de Afrique du sud, où eut lieu une partie du tournage.

Elly Beinhorn ne rencontra pas Halliburton et Stephens en Guinée Bissau, où ils n'allèrent pas, ni même à Tombouctou, où ils séjournèrent. Les Américains avaient traversé le Sahara en venant directement de Fez, au Maroc, via Colomb-Béchar. Ils arrivèrent à Tombouctou trois semaines après qu'Elly Beinhorn y soit parvenue, à pied, après avoir du se poser en brousse, suite à une fuite d'huile. Elle fut secourue par des Sonrhaï, une population riveraine du fleuve Niger. Halliburton et Stephens vinrent au secours d'Elly Beinhorn en Iran (Perse), quand elle eut une panne à Bandai-Dilam, près de Bushire, le train d'atterrissage de son avion ayant été endommagé. Moye Stephens le répara et ils continuèrent leur route ensemble, vers l'Inde et la Thaïlande (Siam), s'étant proclamés membres du "Tombouctou club"... Ils se séparèrent à Singapour, Elly continuant sur l'Australie, alors qu'Halliburton et Stephens se dirigeaient vers Bornéo. On ne sait trop dans quel hôtel fait escale le trio, a priori à Mombassa, dont Stephens lit un journal  (en fait, il s'agit d'un hôtel sud africain...).

Lors de son second vol africain, en 1935, Beinhorn fit escale au Caire, à Khartoum, Djouba, Mombassa, Nairobi, Johannesburg et au Cap. Elle retourna en Allemagne, par Libreville, Dakar, Casablanca...

L'histoire d'amour entre Elly Beinhorn et Moye Stephens n'est pas attestée et on laisse à la scénariste, Christine Hartmann, la responsabilité de cet épisode.... Ce que l'on sait c'est qu'Elly Beinhorn appelaient Halliburton et Stephens, ses "papas", bien que les trois aient pratiquement le même âge. Le grand amour d'Elly Beinhorn ne fut pas Stephens, mais Rosemeyer (que l'on voit dans le film au volant d'une magnifique Auto Union type C). Elle ne se remit jamais vraiment de sa mort et fut enterrée, à ses côtés, en 2007.

Le film évoque l'amitié entre Elly Beinhorn et la pilote Marga von Etzorf qui l'accueillit en juillet 1932, au retour de son voyage autour du monde. Son suicide, en 1933, lors d'un vol vers l'Australie, affecta effectivement beaucoup Elly Beinhorn, comme mentionné dans le film.

Ses autres vols (en Amérique en 1934-1935, record de vitesse Berlin-Le Caire-Damas, en 1936, vol vers le Japon, arrêté en Thaïlande, pour cause de guerre, en 1939) sont juste évoqués.

Le scénario "concentré" de ce film explique sans doute pourquoi, dans le générique de fin, il est mentionné que le "Département du Commerce et de l'Industrie d'Afrique du sud n'accepte aucune responsabilité pour le contenu du film et qu'il n'assume pas nécessairement un tel contenu"...

Le tournage utilisa principalement les avions du "Fliegendes Museum" de Dresde/Großenhain, fondé par Josef Koch et maintenant transformé en une fondation. Une partie du hangar du musée tient lieu du Fliegerklub de Berlin. Le tournage se déroula également sur l'aérodrome historique de Finsterwalde/Schacksdorf, où des scènes importantes ont été filmées, en octobre 2013, mais aussi en Afrique du sud, au Cap, et, selon la réalisatrice, "à la frontière de la Namibie, dans un parc national". Cette "précision", plutôt vague, permet néanmoins de sélectionner le petit terrain d'aviation d'Au Beep Flats, à Sendelingsdrif, situé dans le Parc national de Richtersveld, à proximité du fleuve Orange, séparant la Namibie de l'Afrique du sud, et dont le cadre correspond à ce que l'on voit dans le film.

 

Les avions du film :

Ally Beinhorn apprit à piloter sur un Klemm L-20; elle apparait, sur une photo, debout sur l'aile d'un L-20 de la Deutsche Luftfahrt GmbH., une officine de la Reichwehr, section de Berlin/Staaken.

Le Klemm L-25 employé pour le tournage est le "D-EFTE" (WNr. 152) appartenant au Musée Volant (Fliegendes Museum) de Josef Koch, à Großenhain. Ce Klemm L-25 IA, construit en 1929, et équipé d'un moteur français, Salmson AD 9, fut importé et enregistré en Angleterre en décembre 1935 (G-AAHW). Il y restera en état de vol, jusqu'en 1983, ayant connu une demi douzaine de propriétaires. En mai 1983, il fut exporté en Allemagne et immatriculé D-ELFK. En mai 1987, il était en vente aux enchères à Baden-Baden. Acquis par Josef Koch, celui-ci procéda à sa restauration, en 1997. Son fuselage et ses ailes en bois furent décapées (en Angleterre, l'avion apparait, blanc ou bleu) et recouvert d'un vernis incolore laissant apparaitre son revêtement en bois. Il fut accidenté le 6 juin 2014, en approche de Großenhain, le pilote et le passager étant grièvement blessés. Il doit être réparé moyennant une lourde facture...

Il porte, dans le film, le matricule "D-1652" qui fut celui d'un Heinkel HD.22, détruit par le feu, en mai 1931, ayant appartenu à l'attaché de l'Air de l'ambassade américaine à Berlin. On ne sait pourquoi on lui a donné cette immatriculation (en rapport avec son numéro de série ?)...On dispose d'une photo d'Elly Beinhorn, prise juste avant son vol africain, posant devant un Klemm 25 IA, à moteur radial Salmson, portant l'insigne du Challenge International de 1930 et une autre, prise en Afrique, avec le même type d'appareil, et où on distingue le matricule "D-1713". Cet avion (c/n 173) avait participé, au Challenge International du Tourisme (Europa Rundflug) en août 1929, à Paris (numéro C6), mais aussi, en 1930, à celui de Berlin (numéro B7), piloté par Theo Osterkampf. L'avion appartenait en 1929 à Friedrich Wilhelm Siebel, un pilote, co-fondateur de Sportflug GmbH, de Berlin, et ingénieur conseil de la société Leichtflugzeugbau Klemm. Il fut transféré à une date inconnue à la compagnie nationale Luftdienst GmbH. Il ne fut jamais enregistré au nom d'Elly Beinhorn et c'est l'amiral Lahs, le président de l'Industrie aéronautique allemande, qui mit à sa disposition le D-1713. Le quotidien berlinois "BZ Am Mittag" qui disposait d'une petite flotte d'avions pour effectuer ses livraisons, l'aida également.

Elly Beinhorm possédait un BFW M-23b (D-1670, c/n 462) avec lequel, elle se produisait dans des meetings, faisait du transport à la demande ou des vols publicitaires; il avait été acheté à crédit, en juillet 1929, mais elle ne put l'utiliser pour son voyage, les assurances s'y opposant. Ce "D-1670" fut cédé à la Flugdienst GmbH, et remplacé par un autre M 23b "D-1674", qui sera détruit en mars 1932.

Quand son Klemm fut jugé irrécupérable, au retour, après s'être posé (mars 1931) entre Goundam et Tombouctou (dans le Soudan français de l'époque), le sort d'Elly Beinhorn émut les médias et le journal allemand "BZ am Mittag" décida de lui fournir un autre avion pour revenir en Allemagne. Ce fut Théo Osterkampf, un vétéran et un as de la Grande Guerre, qui fut chargé de convoyer l'avion jusqu'à Casablanca. Il s'agissait du Klemm KL-25e "D-1900" (c/n 229) à moteur en ligne, qui appartenait également à F.Siebel. Ils volèrent ensemble jusqu'à Rome, puis, Osterkampf prit un avion de la Lufthansa, laissant Elly Beinhorn revenir seule, à Berlin.

Elly utilisa un Klemm L-26Va "D-2160" (c/n 341) pour son vol autour du monde. Une machine neuve qui appartenait à la DVS (Deutsche VerkehrsfliegerSchule) depuis septembre 1931. Cependant, pour son deuxième vol africain, elle avait acheté un Heinkel He-71b "D-2390" (c/n 370), un modèle unique (vu, sur un extrait de film d'actualités), à cabine fermée, construit en mars 1933, spécialement transformé pour elle. Il sera détruit en 1935.

Berndt Rosemeyer acheta effectivement en 1936, un Klemm Kl-35, après avoir obtenu son brevet de pilote. Il s'agissait du Klemm Kl-35B "D-ELMI", sur lequel on ne dispose d'aucune information. Il est remplacé, dans le film, par le Klemm Kl-35D portant le faux matricule "D-LWTY" (il vole habituellement avec des marques de la Luftwaffe et  le code "LW+TY"). Il s'agit en fait du Klemm Kl-35D "D-EFTY" (c/n 1642) appartenant au Fliegendes Museum de Großehain. Construit en 1939, cet avion (D-EHUX) fut exporté en janvier 1940, acquis par l'Aéro Club royal suédois, de Stockholm. Il fut réquisitionné en mai 1940, par l'armée de l'air suédoise comme Sk 15A (s/n 5086, puis 5081, code "5-194", en avril 1942). Réformé en octobre 1944 et immatriculé SE-AIP, il servira à remorquer des planeurs au sein d'un aéroclub de Bromma. Puis, il connut cinq propriétaires différents entre 1949 et 1958, date de sa vente en Allemagne  où il retrouva son ancienne immatriculation (D-EHUX). En 1992, il portait le matricule D-EFTG, et en 1996, le matricule anglais G-BWRD, l'avion étant stationné à l'Island Aeroplane Company Museum de l'île de Wight. Il appartenait alors déjà à Josef Koch. En 1998, il fut réimmatriculé D-EFTY.

Le Messerschmitt Bf-108 "D-EBEI" (c/n 2246) d'Elly Beinhorn est un avion de la Lufthansa-Berlin-Stiftung, bien connu des meetings aériens, en Allemagne, comme en Angleterre,  Construit en juin 1940, à Ratisbonne (WNr. 2246) ce Messerschmitt Bf.108B-1 de la Luftwaffe  (NF+MP) fut capturé en Tunisie par l'armée américaine, en mai 1943. Réparé, il fut utilisé comme avion de liaison par l'US Navy, au sein du Cruiser Scouting Squadron (VCS) n°8, basé à El Aouina, puis plus tard, en Sicile. En mai 1944, il fut donné au lieutenant Leo D. Patterson qui s'était beaucoup investi dans sa remise en état de vol. Expédié aux USA, il fut immatriculé "NX54208", à la fin de la guerre. En mai 1946, Patterson vendit l'avion à David S. Baker, pour le racheter en août 1955. En juin 1956, il fut vendu à William F. Waller qui habitait, comme Patterson, à Burlington (WV). En octobre 1958, reimmatriculé "N54208", il fut cédé à un particulier de Washington DC. En mai 1968, trois personnes s'en portèrent coacquéreurs, l'avion changeant de matricule en septembre 1985 (N108HP). En 1990, il fut acheté par Lufthansa et expédié à Francfort, puis à Hambourg, pour y être restauré (D-EBEI). Il rejoignit le Junkers Ju-52 D-AQUI, pour des vols publicitaires. Pour le film, l'avion fut piloté par Harald Lichtmannegger, commandant de bord sur Airbus A.340, de la Lufthansa.

Le 13 août 1935, Elly Beinhorn établit un record en parcourant les 3750 km du vol Berlin-Istamboul en seulement 13,5 heures avec le Messerschmitt Bf.108A V1 "D-IBUM" (WkN.695). En août 1936, elle battit un nouveau record en reliant trois continents en 24h, lors d'un vol Berlin-Le Caire-Damas. Elle donnera alors le nom de Taifun (typhon) à l'avion, un nom que Messerschmitt adoptera. Son avion était un avion d'usine, le Bf.108A "D-IJES" (WkN.700) qui avait participé au Challenge International de Tourisme de 1934 et que Messerschmitt lui prêta. Par contre, le constructeur lui donna, en remerciement, le Bf.108B "D-IMXA" avec lequel elle fit de nombreux vols internationaux avec son mari, Berndt Rosemeyer. Elle pilota d'autres Messerschmitt Bf.108 comme le Bf 108B-1 "D-IGNY" (WkN.825) de l'Aéro-club d'Allemagne, avec lequel, elle finira 2ème lors de l'International Oases Flight en Egypte, en 1937, ainsi que le Bf 108B "D-IROS".

Le tournage eut également lieu, en Afrique du sud, au Cap, où les avions du Fliegendes Museum ne purent être expédiés. On utilisa alors un Boeing Stearman qui semble bien étrange dans cette séquence. Dans l'ancienne colonie allemande de l'Afrique du sud-ouest, sous mandat de la Société des Nations, depuis 1917, les avions étaient immatriculés en Allemagne, comme on le voit sur des films d'actualités. On n'y voit pas de Boeing Stearman, mais des De Havilland DH.60 Gipsy Moth, des Raab Katzeinstein RK-7, des BFW M-23, etc...

L'avion d'Halliburton et Stephens n'est donc pas leur Stearman C3-B (N882N) "The flying carpet", mais plus simplement un Boeing Stearman PT-17 Kaydet/A75N1 (ZS-MIC, c/n 75-2936, s/n 41-25435,) qui appartient depuis 2006, à la société Octa Aviation de Pretoria. Construit en 1940, il fut d'abord immatriculé "N56774" aux USA, notamment au nom de Pecos Valley Flying Svc. Inc. d'Artesia (NM), puis, après avoir été accidenté, il reçut le matricule "N74188". Il fut exporté en Afrique du sud, en juin 1989 et acquis par Octa Aviation, en mars 2007.

Elly Beinhorn fait une conférence dans un hangar du South African Air Force Museum, sis à Ysterplaat. Elle est à côté d'un Lockheed PV-1 Ventura (BuN.34965, c/n 5855). Bien qu'ayant reçu le serial FP682 de la RAF, il fut livré à la SAAF, avec le serial 6447 (code V). Il sera affecté à la SAAF Technical School, Jan Smuts, avec le serial TS-303 et donné au SAAF Museum en novembre 1988.

Une maquette du Klemm L-25 utilisée pour les scènes, en Afrique, au sol, fut laissée sur place après le tournage. Elle se distingue par l'absence de dièdre de son aile, bien visible, et par des rivets apparents, près du cockpit (le fuselage était en bois...).

D'autres avions de la collection du Fliegendes Museum sont aperçus en arrière plan. Ils ne sont pas tous contemporains des événements du film.

Il y a le Stampe SV4A "D-EJKA" (c/n 396) construit en 1946, par la SNCAN et affecté à l'Armée de l'Air. En 1949 acquis par Franck Salis de la Ferté-Alais (F-BDOT). Il fut vendu en 1983 à un Allemand (D-EJKA), et acquis par la suite par Josef Koch. Comme d'autres avions de sa collection, il fut immatriculé en Angleterre entre 1996 et 1998 (G-BWRE) er trouva son matricule allemand après.

Il y a également le Morane Saulnier MS 315 F-BBQE (c/n 7603-345), construit après guerre, appartenant entre 1945 et 1965 à la Société Morane-Saulnier de Velizy-Villacoublay et considéré comme détruit. Il resta longtemps à l'abandon sur l'aéroport de Francfort. C'est là que Josef Koch le récupéra. Il entreprit sa restauration en 2008.

Elly Beinhorn fait de la voltige avec un De Havilland DH.82A Tiger Moth construit par Morris (c/n 84764) en 1941 et pris en charge par la RAF (serial T6390), affecté à la base de Sywell. En mars 1951, il appartenait à la no. 2 Service Flying Training School. En 1953, il fut vendu au Darlington and District Aero club (G-ANIX) puis à un particulier. En novembre 1955, il fut acquis en Allemagne (D-ELOM), par la Société pour le Développement du vol à voile de Juist, pour remorquer des planeurs. L'avion aurait été détruit par incendie en octobre 1963. Reconstruit, par le Fliegendes Museum, il revola et fut reimmatriculé D-EFTG, en 1992. En 1996, il retrouva son ancien matricule anglais G-ANIX, toujours au nom de Josef Koch et stationné à l'Island Aeroplane Company Museum de l'île de Wight. Il retrouva un matricule allemand (D-EFTN) en 2000.

Enfin, on entraperçoit, au début du film, dans un hangar, aux côtés du Stampe, un Bücker Bü. 131 Jungmann, couleur métal.


Les avions d'Elly Beinhorn :

(Il s'agit d'une liste non exhaustive, Elly Beinhorn, dans ses livres, ou les articles traitant de ses voyages, mentionnent ses avions, mais de façon "littéraire", sans aucune précision sur leurs immatriculations, leurs types exacts, leurs propriétaires, la date d'achat...Cette liste incomplète a donc demandé de très longues recherches) :

-1928-1929-Klemm L-20, avion d'école de Deutsche Luftfahrt GmbH. de Berlin/Staaken
-1929-Raab Katzenstein RKIIa, D-1222, c/n 60 de la Fliegerschule B. de Berlin/Staaken
-1929-Albatros L82a, D-1704, c/n 10158 de la DVS
-1929 sept.-BFW M-23b, D-1674, c/n 466 (avion perso.)
-1930 oct. > 1931 janv.-BFW M-23b, D-1670, c/n 462 (avion perso.)
-1931-Klemm L-25IA D-1713, c/n 173, de Luftdienst GmbH.
-1931-Klemm L-25e D-1900, c/n 229 de BZ am Mittag
-1931-1932-Klemm L-26Va  D-2160, c/n 341, de la DVS
-1932-Heinkel He-64c, D-2304, c/n 424, de la DVS
-1933-Heinkel He-71b, D-2390, c/n 370 (avion perso.) Revendu.
-1934-Klemm KL32 b XIV, D-ENIF (avion perso.)
-1935-Messerschmitt Bf.108A V1, D-IBUM, c/n 695, de Bayerische FlugzeugWerke
-1936-Messerschmitt Bf.108A, D-IJES, c/n 700, "Taifun" de Bayerische FlugzeugWerke
-1936-Messerschmitt Bf.108B, D-IMXA (avion perso.)
-1937-Messerschmitt Bf 108B-1, D-IGNY, c/n 825, de l'Aéro-Club von Deutschland.
-1939-Messerschmitt Bf 108B-1, D-IROS
-1951-Piper L-4H Grasshopper, HB-OAM, s/n 43-30287, c/n 11578 (avion perso.)
-1956-Piper L-4H Grasshopper, D-ELUM, s/n 43-29714, c/n 11005 du Burda-Staffel
-1959-Piper PA-18 Super Cub, D-EKIR, c/n 18-3698, du Burda-Staffel
-1959-Piper PA-24 250 Comanche N5817P, c/n 24-897, (n°48), de Jonas Aircraft and Arms Co. (distributeur de Piper)
-1965-Nord 1000 Pingouin, D-EFFI, c/n 35, de Messerschmitt AG.

Christian Santoir

*Film disponible sur Priceminister

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La vraie Elly Beinhorn

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Date de création : 03/02/2017 : 23:18
Dernière modification : 03/02/2017 : 23:18
Catégorie : Fiches de film - TVFilms
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