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L'ETOFFE DES HEROS
Vo. The Right Stuff

 

 

Année : 1983
Pays : Etats-Unis
Genre : aventures
Durée : 2 h 73 min.
Couleur

 Réalisateur : Philip KAUFMAN
Scénario: Tom WOLFE, Philip KAUFMAN

Acteurs principaux :
Sam SHEPARD (Chuck Yeager), Scott GLENN (Alan Shepard), Ed HARRIS (John Glenn), Dennis QUAID (Gordon Cooper), Fred WARD (Gus Grissom), Barbara HERSHEY (Glennis Yeager), Kim STANLEY (Pancho Barnes), Veronica CARTWRIGHT (Betty Grissom)
 

Musique : Bill CONTI
Photographie : Caleb DESCHANEL
Producteurs : Robert CHARTOFF, Irwin WINKLER
Compagnie productrice : The Ladd Company

Avions :
-Bell X-1 "s/n 46-062 " (maquette éch. 1/1)
-Boeing B-29A Superfortress, s/n. 44-62070, N529B
-Hawker Hunter Mk.51 c/n G9-434, N72602
-Lockheed F-104G Starfighter c/n 8002, s/n 63-13269
-Lockheed F-104G Starfighter c/n 683-2026, s/n 63-13243
-Sikorsky SH-3G Sea King, BuNo. 149919,BuNo. 149720 (sur un porte-avions)
-Vought A-7E Corsair II, BuNo.156752 (sur un porte-avions)
-Douglas A-4M Skyhawk (sur un porte-avions)
-Lockheed T-33A, dont les N12413, N333MJ
North American F-86F Sabre, c/n 191-835, N86F
-Bell UH-1D,  c/n 4738, N72376
-Lockheed HC-130 Hercules (en arrière plan)

 

Notre avis :

"The right stuff" est l’adaptation du best-seller du même nom de Tom Wolfe. En 1979, William Goldman (Cf. "La kermesse des aigles") fut approché par les producteurs pour écrire un scenario. Alors que le livre de Wolfe commençait avec le passage du mur de son par Chuck Yeager, en 1947, avant de s’intéresser au recrutement et à l’entrainement des premiers spationautes américains, Goldman choisit de ne traiter que de ce dernier volet. Le réalisateur Kaufmann n’était pas d’accord avec ce choix estimant que Yeager était un très grand pilote et que les pilotes d’essai étaient des héros au quotidien, alors que les spationautes étaient plus des passagers d’une machine pilotée par les équipes au sol. Il réécrivit entièrement le script. Finalement, le film est la gloire des pilotes d’essai qui amenèrent l’avion aux frontières de l’espace, et parmi lesquels furent recrutés les "astronautes" du projet Mercury, la première tentative des USA pour envoyer un homme dans l’espace. Chuck Yeager accepta d’en être le conseiller technique. Il apparaît en personne dans le film, dans le rôle d'un serveur de bar…

Commencé en mars 1982, le tournage se poursuivit jusqu’en octobre, certaines scènes complémentaires étant filmées jusqu’en janvier 1983. Les extérieurs furent choisis à San Francisco et ses environs (Pismo Beach, St Joseph Hospital, Cow Palace, Sacramento Coast Guard Air Station…), sur la base désaffectée de l’USAF de Hamilton, après que ses hangars aient été transformés en studios, mais aussi sur la base d’Edwards, dans le désert Mojave. Rappelons que Hamilton AFB fut le point de départ des B-17, évoqués dans "Air Force" (1943) et "Tora, Tora, Tora" (1970), qui arrivèrent en pleine attaque japonaise à Pearl Harbour le 7 décembre 1941.


Muroc Army Air Field, en octobre 1947, sert de cadre aux premières scènes du film. C’est là, en plein désert, que sont discrètement testés les avions fusées, dont le Bell X-1. Plusieurs pilotes se sont tués en voulant franchir le fameux "mur du son". Un vétéran de la seconde guerre mondiale, officier de liaison de la base, Chuck Yeager, est pressenti pour l’affronter à son tour. La veille de sa tentative, il se casse plusieurs côtes en tombant de cheval, alors qu’il se promenait avec son épouse Glennis. Malgré cet handicap, que seul son assistant et ami, Jack Ridley, connaît, il passe le mur fatidique et devient l’homme le plus rapide du monde. Puis, on passe en 1953. La base a changé de nom et s’appelle désormais Edward AFB (du nom du pilote qui s’est tué en essayant une aile volante). Elle regroupe le haut du panier des pilotes d’essai. Entre deux vols, ils ont l’habitude de se détendre au "Happy bottom Riding club", un bar situé à coté de la base et tenue par Pancho Barnes, une femme haute en couleurs, utilisant un langage cru...Elle classe les nouveaux arrivés, comme Gordon "Gordo" Cooper, Virgil Grissom, dans la catégorie des "branleurs" qui passent leur temps à rêver de piloter les prototypes les plus pointus... Les femmes des pilotes d’essai sont soumises à rude épreuve et ne comprennent pas toujours l’utilité du travail de leurs maris, vu le prix encouru. A Edwards, la course à la vitesse continue et Scott Crossfield atteint Mach 2 dans le " Skyrocket ", un appareil de la Navy. Yeager lui ravit ce record en décembre 1956 en atteignant Mach 2.5, sur le X-1A. Le lancement du satellite soviétique Spoutnik provoque aux USA un véritable choc. Politiciens et militaires pensent qu’il est urgent de reprendre le dessus et de ne pas laisser l‘espace aux Russes. Le programme Mercury est lancé par la NASA et sept " astronautes " sont recrutés chez les pilotes de l’USAF et de la Navy. Yeager n’est pas chaud pour devenir un cobaye enfermé dans une "capsule" non pilotable, fixée au sommet de fusées peu fiables...Après des tests médicaux pénibles, les premiers volontaires sont sélectionnés. En 1961, c’est Sam Shephard qui est le premier à faire un vol de 15 minutes dans l’espace, en réponse au vol de Yuri Gagarine ; puis c’est au tour de Gus Grissom qui manque se noyer lors de son retour dans l’océan, après que l’écoutille de sa capsule se soit ouverte toute seule, mais on le soupçonnera de l’avoir éjectée lui-même…John Glenn devient le premier Américain à orbiter autour de la terre. Alors que les spationautes sont célébrés lors d’une vaste réception organisée par le sénateur texan Lyndon Johnson, à Edwards, Yeager se lance sur un jet équipé d’une fusée pour battre un nouveau record d’altitude. Mais il frôle la mort quand il doit s’éjecter après que son appareil se soit engagé dans une vrille à plat. Le film se termine sur le vol de Cooper qui fait vingt deux tours autour de la Terre, en mai 1963, le dernier vol en solo du programme Mercury.


Ce film, non dénué de patriotisme, est, bien sûr, à la gloire de l’aviation américaine et de la NASA. Il faut néanmoins rappeler qu’en 1947, les vaincus, les Allemands, avaient une longueur d‘avance en matière de jets et d’avions fusée. Premier vol d’un jet (Heinkel He.178) : 27 août 1939 ; premier vol d‘un avion fusée (Lippisch Ente) 11 juin 1928. Certains historiens pensent même, rétrospectivement, que c’est un pilote allemand qui passa le premier le mur du son (sans le savoir) en 1945, avec son Messerschmitt Me.262…Les savants allemands n’avaient pas été intégrés uniquement dans les laboratoires travaillant pour la NASA, mais aussi chez les constructeurs d’avions ; après la guerre, quatre vingt six ingénieurs allemands furent transférés à Wright Field où l’USAAF avaient rassemblés les avions de la Luftwaffe (sans parler de tonnes de documents) capturés en Allemagne pour mieux les tester et les étudier dans le cadre de l’opération " Lusty " (Luftwaffe Secret Technology). Si le Bell X-1 fut un avion totalement made in USA, les Bell X-2 et X-5 durent beaucoup à la recherche allemande….

Ce film a de grandes qualités. Il a une bonne réalisation et les séances aériennes sont d’un bon niveau, mais il souffre aussi de sérieux défauts qui l’empêche d’être un très grand film. L’histoire couvre d’abord une période trop longue. L’épisode des avions fusées et celle du programme spatial, auraient chacune mérité trois heures d’écran. L’absence du X-15 est la plus grave erreur, cet avion-fusée, volant au frontière de l’espace, étant le véritable lien entre l’air et l’espace (Cf. "X-15 "-1961). Le film donne aussi un peu trop dans la caricature. Spationautes et pilotes d’essai sont décrits comme des héros soucieux de leur image (et de leur argent), alors que les scientifiques, les savants allemands (ex nazis ? écoutant "Lily Marlene" dans un hôtel de Miami…), les administrateurs et les politiciens (Lyndon Johnson..), sont montrés comme des bouffons ou des idiots, qui prennent les spationautes pour de simples cobayes humains propres à servir leurs intérêts particuliers.

Le film donne l’impression que Chuck Yeager fit toute sa carrière, entre 1947 et 1963, à la base d’Edwards, comme pilote d’essai. De Mai 1955 à juillet 1957, il commanda le 417th Fighter-Bomber Squadron (50th Fighter-Bomber Wing) à la base de Hahn AB, en Allemagne et à Toul-Rosières, en France; puis de 1957 à 1960, le 306th Tactical Fighter Squadron à George AFB (Ca.) et à Morón, en Espagne. En 1962, lui qui ne put être recruté comme spationaute, n'ayant pas fait d’études supérieures, fut le premier commandant de l’ "Aerospace Research Pilot School " de l’USAF qui formait des spationautes pour l’USAF et la NASA... Son accident dans un NF-104, montré dans le film, mit fin à ses tentatives de record. Il fit aussi plusieurs missions au Vietnam en tant que commandant du 405th Tactical Fighter Wing, basé aux Philippines.

Certaines petits détails ont été reproduits avec fidélité. Yeager baptisa son X-1 "Glamourous Glennis" du nom de son épouse, comme son P-51 Mustang pendant la guerre. Il y a aussi son habitude superstitieuse de demander à son meilleur ami et collègue, Jack Ridley, une tablette de chewing-gum Beeman, avant chaque nouvel essai. Le manche à balai utilisé comme levier pour fermer la porte est authentique. Mais l’équipement de Yeager dans son X-1 apparait fantaisiste. On ne le voit jamais se brêler dans son cockpit et il porte un casque de tankiste en cuir (la légende veut qu’il ait utilisé un casque de footballeur..), alors que sur ses photos, il tient à la main un des premiers casques rigides (modèle B).

Pancho Barnes (en jupes, alors qu’elle ne portait que des pantalons...) n’assista pas au passage du mur du son sur la base de Muroc. Notons aussi que son " Happy bottom riding club " fut détruit par incendie, le 13 novembre 1953, aussi ne pouvait-elle pas écouter sur son poste VHF, en direct, la tentative de record de Yeager, effectuée le 12 décembre suivant. Pancho avait rencontré Yeager en 1945 et quand il vint à Muroc avec sa famille, en 1947, pour les essais du Bell X-1, ils logèrent un temps dans son ranch, avant de trouver un logement adéquat. Yeager ne fut pas recruté sur place pour tenter de franchir le mur du son. Il avait été sélectionné par le colonel Albert Boyd de la "Flight Test Division" de l’USAAF, en même temps que le lieutenant Robert "Bob " Hoover et le capitaine Jack Ridley, tous volontaires.

Le film montre Gus Grissom en train de paniquer dans sa capsule Mercury "Liberty Bell 7 " ballotée par les vagues et laisse entendre que c’est lui qui a largué la porte. Malgré la controverse, l’ "Astronaut Office" ne lui en tint pas rigueur et il sera le chef des premiers vols Gemini et Apollo. Il mourra brûlé au sol, dans Apollo 1 qui n’avait pas de dispositif d’évacuation rapide comme la capsule Mercury …

Les femmes de ces héros professionnels ne sont pas oubliées par le film, comme par le livre de Wolfe. Le stoïcisme de ces femmes vivant chaque jour dans l’angoisse avait déjà été salué par Richard Donner dans "X-15" (1961).

Ce film de 27 millions de dollars fit sa première le 21 octobre 1983. Il reçut, dans l’ensemble, des critiques favorables qui saluèrent les bons effets spéciaux, l’histoire et le jeu des acteurs. Il bénéficia d’une certaine publicité du fait que John Glenn se présentait alors aux élections présidentielles, et les médias se demandaient si ce film l’aiderait dans sa campagne. Il n’en fut rien et Glenn ne dépassa pas les primaires. Cependant, la production rentrera à peine dans ses frais, le film ne rapportant "que" 21.6 millions de dollars aux USA.

Le réalisateur a surtout cherché à montrer la perception qu’avait le public, des héros de l’air et de l’espace, plutôt que de fournir un portrait fidèle des pilotes et des politiciens qui les financent. Le métier de pilote d’essai a beaucoup perdu de son aura; il est en quelque sorte  symbolisé par la chute finale de Yeager, moderne Icare aux ailes brulées par le soleil. Aujourd’hui, un avion vole d’abord sur ordinateur, puis il est piloté sur simulateur. Certes, il faut encore "y aller voir ", mais l’essai est balisé et les risques calculés au plus juste; il n’est pas interdit toutefois d’emmener son parachute...Les pilotes d’essai sont retournés dans l’anonymat, au profit des spationautes qui sont toujours célébrés, avant même d’être montés à bord de leur capsule ou de leur vaisseau spatial. L’espace n’est pas encore banalisé et le spationaute restera encore pour un certain temps, un personnage médiatique.

"L'étoffe des héros" restera un classique du film d’aviation qui fera regretter au spectateur français qu’aucun film n’ait été consacré chez lui au développement des avions à réaction, du Triton au Mirage III, avec des pilotes tels que "Kostia" Rozanoff, Jacques Guignard, Charles Goujon, etc…qui valent bien un Chuck Yeager.

 

Les avions du film :


Quatre vingt avions ont été utilisés à des degrés divers par le tournage, mais tous n'apparaissent pas à l'écran, ayant été supprimés au montage. On commencera par ceux que l'on voit.

La première partie du film fait appel à trois avions fusées différents et à un avion à propulsion hybride, mi jet, mi fusée.

La production avait pris contact avec l’Air Force Museum pour utiliser les vrais X-1 et X-15 pour les prises de vue au sol, mais les emmener en Californie s’avérera trop coûteux. La production pensa utiliser la maquette grandeur du X-15 du Pima Air and Space Museum,  en Arizona. Mais filmer le X-15 étant finalement trop cher, les séquences où il devait apparaître furent supprimées, d’autant que Chuck Yeager ne fut pas impliqué dans le programme. …Pour le Bell X-1, un avion incontournable, on envisagea de construire une réplique volante et de la larguer du B-29 de la Confederate Air Force, mais Chuck Yeager refusa de piloter un tel planeur ! Pas question non plus de faire prendre l'air à une maquette en bois à l'échelle 1, fixée sous un B-29; la pression de l'air aurait eu vite fait de la détruire. La maquette (avec le serial 6062 = 46-062 du premier X-1 construit) resta donc au sol où on la voit rouler (avec un train un peu léger..) ou avec son moteur fusée fonctionnant au point fixe. Plusieurs maquettes en bois furent construites pour les prises de vues du cockpit (avec un tableau de bord non conforme) et l'arrimage de l’appareil sous un B-29 modifié. Pour son vol, on utilisa des images de maquettes à plus petite échelle mêlées à des documents en noir et blanc d’époque avec des liaisons pas toujours heureuses… Ainsi, lors que le X-1 décolle, il a changé d’avion porteur qui n’est plus un B-29, mais un Boeing B-50A (s/n 46-006) qui porte le troisième X-1 (serial 6064). Au début du film un documentaire nous montre le second X-1 (serial 6063), attaché sous le B-29 (s/n 45-21800). Aucun Bell X-1 ne fut détruit avec mort d’homme, avant le vol historique de Yeager. Ce dernier prit en main le X-1 "6062" pour la première fois le 6 août 1947. Cet appareil avait déjà effectué dix neuf vols aux mains d’autres pilotes depuis le 25 janvier 1946, et n’avait subi que des dommages mineurs au train d’atterrissage.

Yeager pilota le X-1 (6062) pour la trente troisième et dernière fois, le 12 mai 1950, pour le tournage du film " Jet pilot " (1950).

 

 YeagerShephard.jpg

Le faux Yeager (à gauche), le vrai (à droite), devant la maquette du X-1.

 © Ladd Company

 

Le B-29 porteur était celui de la Confederate Air Force, devenue Commemorative Air Force depuis. Ce Boeing B-29A (s/n. 44-62070, N529B), livré après la guerre, servit de cible avant d’être stocké sur la base de l’US Navy de China Lake (CA). En 1971, il fut livré à la Confederate Air Force (N4249) qui le restaura et le convoya à Harlingen au Texas. Il fut baptisé "Fifi". En 1981, reimmatriculé N529B. c’était le seul B-29 en état de vol. Il fut repeint comme l’avion porteur original (s/n 45-21800), avec les parties inférieures en noir pour être plus visible dans le ciel du désert Mojave. Sur le nez, il est décoré d’une cigogne portant un bébé dans son bec... Les moteurs de ce B-29 ont été entièrement révisés en 2009 et il devrait revoler en 2010. L’intérieur de l’avion fut filmée dans le fuselage de celui du Pima County Museum qui figurait déjà dans "Le dernier vol de l’arche de Noé".

Le Bell X-1A (s/n 81384), avec lequel Yeager vola à Mach 2.4, était aussi une maquette en bois. Pour le Douglas D-558-2 Skyrocket piloté par Scott Crossfield, on voulut également, dans un premier temps, utiliser celui (c/n 6567) du Planes of Fame Air Museum de Chino (CA), mais son transport dépassait le budget. On eut donc recours au Hawker Hunter Mk.51 d’Al Letcher (c/n G9-434, N72602). Déguisé en Skyrocket, avec une peinture planche et une perche au bout du nez, on le voit juste quelques secondes survoler le barbecue des pilotes, puis, sur un faux documentaire, en noir et blanc. Cet ancien avion des forces aériennes danoises (E-403) fut acquis en 1977 et fut un des premiers Hunter immatriculés aux USA. Il appartient aujourd’hui à une société du Delaware; ayant été gravement accidenté à Chino, en janvier 2000, il est toujours en attente de restauration.

Pour le dernier essai de Yeager, la production eut recours à deux Lockheed F-104G Starfighter de la Luftwaffe, car ils avaient été retirés du service depuis longtemps, dans l’USAF. Ils appartenaient au 69th Tactical Fighter Training Squadron (58th Tactical Training Wing, 12th Air Force) et servaient à entraîner les pilotes de la Luftwaffe à Luke AFB (AZ).

L’un était le F-104G (c/n 8002, s/n 63-13269) construit sous licence par Fokker en 1962; il appartint à la Luftwaffe (code DA+249 du JaboG 31; DR+249 du Luftwaffenparkregiment 1 sur la base d’Erding, avant d'être transféré chez Lockheed à Palmdale en 1963 (code BG+146). Rayé des effectifs de la Luftwaffe en juillet 1983, il fut rétrocédé à l’USAF qui le vendit à Taiwan.(n° 4383). Cet avion a cessé de voler en août 1996. L’autre était le F-104G (c/n 683-2026, s/n 63-13243), livré à la Luftwaffe (DA+710). Il sera également vendu aux forces aériennes de Taiwan (n°4368) et détruit par collision aérienne, en mars 1990. Bien qu’appartenant à l’Allemagne de l’ouest, ces avions portaient des serials et les marques de l'USAF. Dans le film, ils apparaissent avec le numéro "132" sur la dérive (cachant en partie le logo de "The Fighting 69th."). Ils étaient pilotés par un instructeur américain et un instructeur allemand. Pour les vues du cockpit et la séquence de l'éjection, on eut recours à trois cellules de F-104B trouvées dans le parc de Davis-Monthan AFB (AZ)

Le vrai F-104 de Yeager était assez différent. C’était un NF-104A (s/n 60762) muni d’un moteur fusée Rocketdyne AR-2 à la base de la dérive. Il avait également des micro tuyères dans le nez, les saumons d’ailes et à l'arrière du fuselage, pour accroître le contrôle à très haute altitude. La scène du crash prend des libertés avec la réalité. D’abord Chuck Yeager, ce jour du 10 décembre 1963, ne partit pas sans autorisation, son vol étant au contraire bien planifié. Chuck n’a pas pu demander un chewing-gum à son ami Jack Ridley qui était mort depuis 1957...On ne démarre pas un jet, et encore moins un NF-104, comme une Chevrolet, une erreur maintes fois répétée dans les films. Yeager fut blessé à la main et eut le visage brûlé par les gaz de la fusée de son siège (un Lockheed C.2 s’éjectant vers le haut, et non vers le bas, comme allégué parfois..) qu’il heurta après s’en être séparé, et qui brisa la visière de son casque. Quand Yeager essaie de remettre en marche son moteur, on ne comprend pas pourquoi les lampes témoins du train d’atterrissage se mettent à clignoter….

Le parachutiste Joseph Leonard Svec trouva la mort en tournant la scène où Chuck Yeager s’éjecte de l'avion.

La plupart des scènes furent tournées à Edwards sur base Sud, au sud-ouest du lac de Rogers, où les vrais essais du X-1 et du D-558, avaient eu lieu, trente cinq ans avant. La séquence du NF-104 fut tournée sur la base principale d’Edwards.

En juillet 1982, l’équipe de tournage se déplaça à bord du porte-avions "Corral SAE" CV-43 pour une croisière de trois jours. Shephard y est vu sortir d’un Sikorsky SH-3G Sea King après son vol du 5 mai 1961. Cet hélicoptère ne sera en service dans l’US Navy qu’un mois plus tard et la décoration qu’il porte ne sera employée qu’en 1967. On peut en voir trois ou quatre (dont les n° 611, BuNo. 149919, N° 612 BuNo. 149720) de la VS-1. En "1958", sur le même bâtiment, apparaissent deux A-7E Corsair II du Naval Air Test Center de China Lake (CA) (le n°305 de la VA-97 et le n°400 BuNo.156752) et deux Douglas A-4M Skyhawk de la même base (dont le n°16, BuN. 160245) de la VX-5 (code XE sur la dérive), une unité d’entraînement et d’évaluation. A7E et A-4M n'entreront pas en service avant 1965 et 1971.

Un North American F-86F Sabre, qui fait un passage éclair et que l’on retrouve plus tard dans un hangar, fut fourni par Flight Systems International (c/n 191-835, s/n 52-5139A, N86F) avec un faux buzz number FU-849 (s/n 12849). Il était piloté par Skip Holm et Chuck Yeager. Construit en 1952, après avoir un temps servi dans diverses unités d'entraînement de l'USAF, il fut cédé aux forces aériennes du Pérou in 1960. En 1981, il fut racheté par Dave Zeuchel et ramené en Californie pour y être restauré. Il appartient actuellement à l'Heritage Aircraft Sales Inc. dans l’Indiana.

Lors de l'enterrement du pilote d'essai, au début du film, on voit passer quatre Lockheed T-33. Chuck Yeager pilote l'appareil leader de la "Missing Man Patrol". Le film en utilisa en fait, cinq, trois du 144th FIS de la Garde Nationale de Californie, venant de Fresno, et deux appartenant à Flight Systems International (N12413, N333MJ avec le faux serial s/n 11808). Il faudrait ajouter trois cellules de T-33 exhumées des stocks de la base de Davis-Monthan (AZ) et destinées aux scènes tournées au sol (dans un cockpit, scènes d'éjection..).

Le film montre aussi quelques hélicoptères fournis par l’Armée et la Marine. Shephard fut sorti de l’eau par un Sikorsky H-34G Sea Horse des Marines, comme celui que l’on voit essayer en vain d’hélitreuiller la capsule de Grissom et qui a la bonne décoration, mais le mauvais numéro (32, au lieu de 30). Ce H-34G (c/n 58-1097, N8292) était un appareil civil loué à Crane Helicopters de Fremont (CA). Alors que son mari l’attend (devant l’ancienne tour de contrôle de Hamilton AFB), la femme de Grissom descend d’un Bell UH-1D (c/n 4738, N72376) de la NASA. Deux autres Bell UH-1 militaires sont vus en arrière plan. L'US Army Air Reserve en fournit une douzaine à la production.

Derrière le podium où se tient le couple Grissom, on voit un Lockheed HC-130 de l'US Coast Guard de la base de McClellan de Sacramento (CA). A Edwards, quand le B-29 roule vers la piste, on aperçoit furtivement en arrière plan, entre deux bâtiments, un Beech T-34, un avion qui fit son premier vol le 2 décembre 1947.

Il y a aussi les avions que l'on ne voit pas dans la version définitive du film. Pour évoquer la période de l'immédiat après-guerre, la production avait fait appel à deux North American T-6 qui étaient en fait des Harvard IV. L'un (ex CF-UNB, NX72375) était celui de Denns Buhen, l'autre (N1467), celui de Cliff Branch. Il y avait aussi deux North American P-51D Mustang, celui de Bill Destefani (N72T) et celui de Angelo Regina (N104N), et le Douglas A-26 de Dwight Reimer (s/n 44-35696, N8036E). Tous ces avions étaient des familiers des courses d'avions de Reno. Il faudrait ajouter à ces avions civils, un Cessna A-37A Dragonfly (c/n 40056, N3757U) de Thunderbird Aviation (Phoenix, AZ) qui fut accidenté à l'atterrissage, et un North American T-28 Trojan (N99160) de Gary Flanders.

L'USAF et l'US Army fournirent bien d'autres appareils, comme figurants ou comme avions de support logistique, et qu'on ne voit pas dans le film: un U-21 Beech King Air, deux U-8F Beech Queen Air, un AT-42 Beech Cochise, un Piper Navajo.

D'autres avions figuraient en arrière plan, sur la base d'Edwards, dans des scènes supprimées : un McDonnell F-4C Phantom II, peint en gris clair, employé par l'Air Force Flight Test Centre d'Edwards, un Convair F-106 de la Garde Nationale de Californie (Fresno) et une vingtaine de Northrop T-38 de l'USAF et de la NASA (on en voit un seul, derrière les pilotes d'essai regardant un numéro de Life magazine dont la couverture montre le premier singe envoyé dans l'espace…), ainsi qu'un Douglas C-47 de la NASA.

Le film fit un large usage de maquettes à échelle réduite. La production évita d’utiliser des effets spéciaux concoctés en laboratoire. On préféra utiliser les méthodes mises au point par Republic Pictures et déjà utilisées dans d’autres films. Les studios USFX de Gary Guttierez pensaient que des maquettes filmées en extérieur, auraient une apparence plus fidèle que des modèles numériques. Trois X-1 furent construits en polyuréthane et en styrène. Ces maquettes étaient propulsées par des fusées Estes et lancées le long d’un câble de 200 pieds. Un X-1 propulsé fut lancé d'une maquette de B-29 radio commandé. Par ailleurs, on utilisa cinquante maquettes de F-104 disponibles sur le marché, des 1/32° de Hasegawa et 1/48° de Monogram. Certaines furent larguées d’un ballon, d’autres furent lancées du sol par une catapulte.

Enfin, il ne faut pas oublier la petite flotte des avions caméras qui comprenait le De Havilland Chipmunk d'Art Scholl (N13Y), le North American B-25 (N1042B) de Tallmantz Aviation, piloté par Frank Pine, le Lear jet de Clay Lacy et un hélicoptère Hughes 500, qui filma la scène du repêchage de Grissom à Half Moon Bay.

 

Christian Santoir

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Date de création : 05/09/2006 : 17:40
Dernière modification : 10/10/2012 : 12:39
Catégorie : - Films
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par droudrou le 18/08/2008 : 21:28

pour ma part, je serai effectivement enchanté de découvrir une version director's cut de ce film puisqu'elle représenterait un peu plus de 5 heures et nous permettrait certainement de mieux situer un certain nombre d'anecdotes relatées dans cette version courte - surtout si on a lu le livre de Tom Wolfe... - certes, le montage est très bien réalisé mais je pense que nous aurions encore beaucoup de choses à découvrir...